« Je fonce et j’écrase toute cette merde »: un élu, à propos des musulmans

 « Je fonce et j’écrase toute cette merde »: un élu, à propos des musulmans

Illustration- MIGUEL MEDINA / AFP


Un type charmant ce Christian Rippert ! Cet ancien élu du Rassemblement national de la ville du Pontet dans le Vaucluse, s'est livré fin juillet à un appel au meurtre sur son compte Facebook. En commentaire d'une publication montrant des musulmans en train de prier dans la rue, il avait écrit "je fonce et j'écrase toute cette merde". 


Les propos tenus par le conseiller municipal du Pontet font froid dans le dos. Christian Rippert, ancien élu du Rassemblement national qui fait toujours partie de la majorité dans cette ville du Vaucluse, s'est fendu d'un commentaire relevant de l'appel à la violence et de l'apologie du terrorisme sur Facebook, le 29 juillet dernier.


En commentaire de deux photos, l'une montrant un camion et l'autre des fidèles musulmans pratiquant une prière dans la rue, accompagnée de la légende suivante:


"Tu es au volant de ce camion, tout d'un coup tu arrives dans une petite ruelle étroite et tu vois ça", le conseiller municipal a écrit: "Je fonce et j'écrase toute cette merde". A noter que les autres commentaires des internautes sous cette publication sont du même acabit.


 


Problème pour ce conseiller municipal, son commentaire -repéré par le compte “Dômes et Minarets”- n’est pas du tout passé inaperçu, et a ému de nombreux internautes et habitants du Pontet. Au point que, selon France Bleu Vaucluse, le téléphone de la mairie a été assailli d’appels. 


Jean-Firmin Bardisa, conseiller municipal du Pontet et membre de l’opposition, a signalé les faits à la gendarmerie cette semaine. « Ces commentaires sont inadmissibles pour un élu de la République. Lorsqu’on a un mandat, on ne peut pas tenir de tels propos. » a confié l’élu à France-Bleu Vaucluse.


Jean-Firmin Bardisa espère une enquête et, en fonction des résultats de cette enquête, demandera au maire la démission de Christian Rippert.


Jointe par la radio, la direction du Rassemblement national dans le département a fait savoir que Christian Rippert n'appartenait plus au parti de Marine Le Pen depuis 2017. 


Le maire Rassemblement national du Pontet, Joris Hébrard, a immédiatement convoqué l’élu RN à un entretien. Il explique à France Bleu que « ces propos n’engagent nullement la commune, ni le maire ».


“« Christian Rippert les a tenus à partir de son compte Facebook personnel et dans le cadre de sa vie privée. »


Cependant, Joris Hébrard « ne cautionne en aucune manière ce commentaire » qu’il juge « stupide ».


Eric Moustaqil, président de SOS Racisme dans le Vaucluse, annonce qu’il va saisir les autorités publiques et les instances judiciaires afin que Christian Rippert soit puni par la loi.


« Que chacun prenne ses responsabilités : cet élu doit démissionner pour une question de probité. La justice doit, elle, sanctionner cet appel à la haine raciale, et je lui fais confiance en tant que républicain et laïc », a-t-il confié à France-Bleu Vaucluse.


Amine El Khatmi, président du Printemps républicain, demande, lui, au procureur de la République de se saisir de l’affaire.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.