Immigration : l’IA testée pour alléger la gestion des contentieux

 Immigration : l’IA testée pour alléger la gestion des contentieux

Illustration. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, le 9 avril 2026. © Thibaud MORITZ / AFP

Immigration et contentieux : le ministère de l’Intérieur expérimente l’IA « Astrée » pour accélérer le traitement des dossiers.

 

Nommée « Astrée », pour « Assistance au traitement des requêtes », cette intelligence artificielle (IA) pourrait marquer un changement majeur dans la gestion du contentieux des étrangers, notamment ceux relatifs à l’entrée et au séjour en France.

Selon Radio France, le ministère de l’Intérieur envisage, dès la fin de l’année 2026, l’expérimentation de cette IA dans quatre préfectures : la Seine-Saint-Denis, les Bouches-du-Rhône, les Hautes-Alpes et l’Ille-et-Vilaine.

Outre ces préfectures, l’expérimentation concernera également le bureau du contentieux de la sous-direction des visas, dépendant de la Direction générale des étrangers en France.

 

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Volume

Entre 2024 et 2025, l’activité contentieuse relative au droit de l’entrée et du séjour des étrangers en France a connu une hausse de 18,8 % des requêtes enregistrées, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. Mesures d’éloignement, obligations de quitter le territoire français (OQTF) ou refus de délivrance de titre de séjour : autant de situations susceptibles de déclencher une action contre l’État.

Le contentieux des étrangers recouvre l’ensemble de ces démarches engagées en justice pour contester des décisions administratives. Développée par la Direction des libertés publiques et des affaires juridiques (DLPAJ) et la Direction de la transformation numérique (DTNUM), Astrée a pour objectif de soulager l’administration dans le traitement de ces requêtes.

 

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Automatiser, trier

Concrètement, l’objectif de l’IA sera d’« automatiser, fiabiliser et optimiser les tâches répétitives liées à l’activité des services contentieux », précisait le ministère de l’Intérieur à Radio France. Astrée servira à dégrossir et à effectuer un premier travail d’analyse des requêtes afin d’obtenir une synthèse initiale du dossier.

« Cette synthèse permettra d’orienter plus facilement le dossier, puis offrira au rédacteur les éléments clés pour initier son enquête juridique », explique le ministère.

À terme, la question de la menace sur l’emploi pourrait-elle légitimement être posée ? Pour le ministère, l’IA restera avant tout une aide :

« L’intelligence artificielle n’a donc aucunement vocation à se substituer aux rédacteurs ; y recourir vise à les soulager des tâches annexes qu’ils rencontrent tout au long de la procédure et qu’ils doivent prendre en charge au détriment de l’instruction de fond. »

 

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Charly Célinain

Charly Celinain est journaliste pour la rédaction web du Courrier de l’Atlas. Il participe à la production d’articles et réalise des vidéos d’actualité et de décryptage pour le site et les réseaux sociaux du média.