On a lu pour vous : Je dois faire du cash, boy d’Ahmed Bouzouaïd : le livre qui raconte les quartiers qui créent

Je dois faire du cash, boy – Ahmed Bouzouaïd, sociologue et urbaniste, signe aux éditions Maison Megheyer un essai de 352 pages (parution mars 2026, prix public 35 €) qui raconte l’entrepreneuriat des quartiers populaires et déconstruit les récits misérabilistes.
Il y a un discours qu’on répète depuis trente ans sur la banlieue : les dealers, les embrouilles, les gamins paumés. La chanson est connue, elle a été jouée en boucle.
En bref
- Ahmed Bouzouaïd publie « Je dois faire du cash, boy » chez Maison Megheyer.
- Le livre s’intéresse à l’entrepreneuriat dans les quartiers populaires.
- L’auteur veut dépasser les récits centrés sur les difficultés de ces territoires.
- Le livre revient sur l’influence culturelle des quartiers, notamment à travers le hip-hop et la mode.
- L’entrepreneuriat y est présenté comme une force, sans nier le chômage, les discriminations et les autres difficultés.
Sociologue et urbaniste, Ahmed Bouzouaïd signe avec Je dois faire du cash, boy (éditions Maison Megheyer) un livre qui raconte autre chose. Il ne nie pas les galères. Il ne fait pas non plus l’article d’une banlieue idéalisée où tout le monde réussirait.
Il regarde simplement ce qu’on regarde rarement : des habitants qui, avec peu de moyens, ont monté des projets. Des business. Des idées. Des trajectoires.
Pendant des années, les quartiers populaires ont été vus à travers une seule loupe : celle des politiques publiques qui parlaient de « problèmes à résoudre ».
Une autre image émerge aujourd’hui, plus discrète. Celle de l’habitant qui entreprend. Qui ne demande pas qu’on le sauve. Qui construit.
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Une culture née dans les marges
Cette énergie vient de loin. Des cultures qui se croisent : africaines, françaises, américaines, celles des exils et des migrations.
De ce mélange est né un phénomène immense : le hip-hop, la mode de rue, une langue, une culture entière que le monde entier a fini par récupérer.
C’est le vrai twist de l’histoire : ce qui a été créé dans les quartiers, longtemps méprisé, a fini par débarquer dans les plus grandes maisons de mode, dans les médias, dans les industries qui, hier encore, regardaient ces territoires de haut.
Les marges ont fini par dicter au centre ce qui fait référence.
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L’entrepreneuriat ne gomme pas les difficultés
Ahmed Bouzouaïd ne raconte pas un conte de fées pour autant. Monter sa boîte n’efface pas les galères. Il le dit lui-même : il y a des échecs, des embûches, des portes fermées à cause d’un CV ou d’une adresse.
L’entrepreneuriat n’a jamais réglé, seul, les vrais problèmes de ces territoires : le chômage, l’abandon, les discriminations.
Mais il y a une nuance essentielle : pendant qu’un discours dominant pointait les manques, certains ont fabriqué, avec trois francs six sous, des choses qui marchent. Et ça, on le raconte rarement.
Ce livre s’attaque à toute une génération de discours misérabilistes sur ces territoires. Il ne demande pas qu’on les plaigne. Il montre qu’ils créent.
Les quartiers, on les a longtemps présentés comme des périphéries à réparer. Bouzouaïd les montre pour ce qu’ils sont aussi : des territoires en mouvement. Des laboratoires. Des moteurs. Ils n’ont jamais eu besoin qu’on les sauve. Ils ont juste besoin qu’on les regarde.
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Vos questions sur « Je dois faire du cash, boy » d’Ahmed Bouzouaïd
Qui est Ahmed Bouzouaïd ?
Ahmed Bouzouaïd est sociologue, urbaniste et entrepreneur franco‑algérien. Directeur du programme Entrepreneuriat Quartiers 2030 chez Bpifrance, il est aussi écrivain et conférencier.
De quoi parle son livre Je dois faire du cash, boy ?
Ce livre raconte l’histoire de l’entrepreneuriat dans les quartiers populaires, en montrant des habitants qui, malgré peu de moyens, ont créé des projets, des entreprises et des trajectoires.
Quelle image des quartiers populaires propose‑t‑il ?
Il s’oppose aux discours misérabilistes répétés depuis trente ans. Plutôt que de réduire la banlieue aux “problèmes”, il met en lumière une énergie créative et entrepreneuriale née dans les marges.
Quelle place occupe la culture dans son analyse ?
Il souligne que des cultures croisées (africaines, françaises, américaines, issues des migrations) ont donné naissance à des phénomènes majeurs comme le hip‑hop, la mode de rue et une langue qui ont fini par influencer le centre.
L’entrepreneuriat règle‑t‑il les difficultés des quartiers ?
Non. Bouzouaïd rappelle que monter une entreprise n’efface pas les discriminations, le chômage ou l’abandon. Mais il insiste sur une nuance : malgré les obstacles, des habitants ont construit des réussites souvent invisibles.
Quel est le message central du livre ?
Les quartiers populaires ne sont pas seulement des périphéries à réparer : ce sont des territoires en mouvement, des laboratoires et des moteurs de création.
