Fête de l’Humanité : une gauche unie en apparence, profondément divisée en réalité

 Fête de l’Humanité : une gauche unie en apparence, profondément divisée en réalité

Des sympathisants de La France insoumise, lors du discours de Jean-Luc Mélenchon, à l’occasion de la Fête de « L’Humanité », au Plessis-Pâté (Essonne), le 13 septembre 2025

La 90e édition de la Fête de l’Humanité, organisée dans l’Essonne, a surtout été marquée par les profondes divergences qui traversent la gauche française. Alors que de nombreux militants appelaient au rassemblement, les relations entre le Parti socialiste et La France insoumise ont une nouvelle fois été particulièrement tendues.

Lors d’un débat organisé samedi (13), Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a été accueilli par des huées. Hadrien Clouet, député LFI, a ensuite vivement critiqué l’orientation choisie par les socialistes, notamment sur leur approche budgétaire et leur volonté de privilégier une stratégie jugée plus modérée. Les désaccords concernant la guerre à Gaza ont également ravivé les tensions entre les deux formations.

Le sujet économique a constitué un autre point de fracture. Jean-Luc Mélenchon et plusieurs représentants de LFI et du PCF ont relativisé le poids de la dette publique, tandis qu’Olivier Faure a défendu une position plus prudente. Selon lui, un endettement trop important réduit les marges de manœuvre nécessaires pour mettre en œuvre des politiques sociales.

Au-delà de ces affrontements, la question de l’attitude à adopter face au nouveau gouvernement de Sébastien Lecornu illustre les difficultés de la gauche à construire une position commune. La Fête de l’Humanité aura donc surtout mis en évidence le paradoxe d’une gauche qui revendique l’unité tout en restant profondément divisée sur sa stratégie politique, économique et internationale.

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Nadir Dendoune