Esclavage: un comité de l’ONU réclame des réparations généralisées

 Esclavage: un comité de l’ONU réclame des réparations généralisées

© ANGELA WEISS / AFP

Les États ont l’obligation juridique de fournir ces compensations. C’est une recommandation du Comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination raciale.

 

En bref

  • Le Comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination raciale a adopté une nouvelle recommandation sur les réparations liées à l’esclavage.
  • Il estime que les États parties doivent mettre en œuvre des mesures réparatrices globales pour les personnes d’ascendance africaine.
  • Ces réparations peuvent dépasser la seule compensation financière et inclure des mesures structurelles et non monétaires.
  • La recommandation s’appuie sur la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale.
  • En mars 2026, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté une résolution qualifiant la traite transatlantique des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racial de « crime contre l’humanité le plus grave », par 123 voix contre 3, avec 52 abstentions.

Ce comité des Nations unies est chargé de surveiller la mise en œuvre de la Convention sur la discrimination raciale par les 182 États. Ils sont 18 experts indépendants et ils viennent de proposer une nouvelle interprétation de ce traité qui date de 1969. Dans leur rapport publié lundi, ils ont conclu que « les États parties doivent mettre en œuvre des mesures réparatrices globales pour les personnes d’ascendance africaine, tous types de recours confondus ». Ce document pourrait constituer un nouvel outil au soutien des demandes de réparations.

Discriminations et pauvreté

La convention compte parmi ses signataires les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, le Portugal et d’autres pays impliqués dans la traite qui a vu, du XVIe au XIXe siècle, des millions d’hommes, de femmes et d’enfants emmenés de force vers les Amériques pour travailler dans des conditions brutales et souvent mortelles. Dans nombre de ces pays, les personnes noires continuent d’affronter des discriminations et la pauvreté.

Crime contre l’humanité le plus grave

Que change cette recommandation du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale ? Les États sont ainsi désormais tenus de prendre « des mesures actives destinées à restaurer la dignité, la justice et l’égalité que méritent les personnes d’ascendance africaine ». On passe ainsi d’une simple responsabilité historique à une obligation juridique. Et ce rapport intervient après l’adoption en mars par l’Assemblée générale de l’ONU d’une résolution historique reconnaissant la traite transatlantique des esclaves comme « le crime contre l’humanité le plus grave », malgré l’opposition des États-Unis et de certains pays européens.


Vos questions sur les réparations de l’esclavage

Que recommande le Comité de l’ONU ?

Il demande aux États parties de mettre en œuvre des mesures réparatrices globales en faveur des personnes d’ascendance africaine, couvrant différents types de recours.

Ces réparations sont-elles uniquement financières ?

Non. Le Comité évoque une justice réparatrice combinant notamment des mesures monétaires, non monétaires et structurelles.

Pourquoi cette recommandation intervient-elle maintenant ?

Le Comité cherche notamment à prendre en compte les conséquences contemporaines de l’esclavage et de la traite, notamment les discriminations raciales et les inégalités structurelles persistantes.

Combien de pays sont concernés par la Convention ?

La Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale compte 182 États parties, selon les informations rapportées à propos de cette nouvelle recommandation.

Quelle résolution l’ONU a-t-elle adoptée en mars 2026 ?

Le 25 mars 2026, l’Assemblée générale a adopté la résolution 80/250 reconnaissant la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racial comme « le crime contre l’humanité le plus grave ». Le vote a été de 123 voix pour, 3 contre et 52 abstentions.

 

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Chloé Juhel

Chloé Juhel fait partie de la rédaction web du Courrier de l’Atlas. Elle participe à la production d’articles d’actualité et au développement des contenus numériques du média.