À Marrakech, le court métrage se cherche de nouveaux chemins

 À Marrakech, le court métrage se cherche de nouveaux chemins

Tûba Büyüküstün, la célèbre actrice turque préside le jury international du Marrakech Short Film Festival.

Du 25 au 30 septembre, la 6e édition du Marrakech Short Film Festival réunit des films venus des cinq continents. Malte est le pays à l’honneur, tandis que la compétition marocaine met en lumière une nouvelle génération de cinéastes.

En bref

  • Plus de 400 courts métrages reçus de plus de 90 pays.
  • Tûba Büyüküstün préside le jury international.
  • Rachid El Ouali préside le jury de la compétition nationale.
  • Neuf courts métrages maltais sont présentés cette année.
  • « Bridges of Reality » inaugure un nouveau programme consacré au documentaire africain.
  • AMANAR accompagne cinq projets dès leur phase de développement.

L’affiche de la 6ᵉ édition du Marrakech Short Film Festival, avec Malte comme pays à l’honneur.

Une compétition marocaine qui donne le ton

La 6e édition ne se résume pas à son ouverture internationale. La compétition nationale occupe également une place centrale dans la programmation et met en lumière une nouvelle génération de cinéastes marocains.

Plusieurs films se disputent notamment le prix Belarj, parmi lesquels Fading Candle d’Ismail Ait Lahcen, Aicha de Sanaa El Alaoui, Two Ways de Yassine Iguenfer et Mesk Ellil de Rami Adnane.

À cette sélection marocaine répond une compétition internationale qui réunit des films venus notamment d’Italie, d’Irak, de Chine, du Portugal, d’Australie, du Liban, du Kazakhstan, d’Égypte, d’Espagne, du Royaume-Uni, de Corée du Sud et du Japon.

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Tûba Büyüküstün à la tête du jury

Cette ouverture internationale se retrouve aussi dans les jurys. L’actrice turque Tûba Büyüküstün préside le jury international. Elle est entourée de la réalisatrice britannique Charlotte Regan, d’Alice Kharoubi, directrice de la programmation du Marché du Film de Cannes, et de la scénariste et réalisatrice libanaise Daniela Stephan.

Pour la compétition nationale, le jury est présidé par l’acteur, réalisateur et scénariste marocain Rachid El Ouali. Il réunit également l’actrice et universitaire Jalila Talemsi et le comédien, réalisateur et pédagogue Hicham Brahimi.

Malte est le pays à l’honneur de cette sixième édition. Neuf courts métrages maltais sont programmés, entre fiction, animation et documentaire. Ce programme permet de découvrir une cinématographie encore peu visible au Maroc et d’ouvrir un dialogue avec un autre territoire méditerranéen.

Quand l’Afrique raconte ses propres histoires

Autre nouveauté de cette édition, « Bridges of Reality » est un programme consacré au court métrage documentaire africain et aux cinéastes de la diaspora.

Conçu avec le commissaire et acteur majeur du cinéma africain Alex Moussa Sawadogo, délégué général du FESPACO, le programme entend mettre en avant des récits documentaires ancrés dans les réalités du continent et de ses diasporas.

Avec cette nouvelle section, le festival donne une place spécifique aux récits africains racontés par ceux qui les vivent et les observent.

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Des films aux projets

AMANAR, le programme professionnel et de développement du festival, accompagne cette année cinq projets. Un Development Lab, organisé à huis clos, permet aux cinq projets sélectionnés de travailler leur développement avant une session publique de pitch et la remise du prix AMANAR.

L’accompagnement ne s’arrête pas à Marrakech. Les cinq réalisateurs poursuivront leur parcours en Égypte auprès de mentors égyptiens, avant de bénéficier d’un suivi de douze mois et de mises en relation avec des producteurs, des laboratoires et des plateformes internationales.

Un festival né hors des salles

Cette évolution prend un relief particulier lorsqu’on se souvient des débuts du Marrakech Short Film Festival. Créé en 2020, en pleine pandémie, les projections en plein air sont alors devenues l’une de ses signatures.

Six éditions plus tard, le principe demeure. Le Cyber Park Moulay Abdessalam accueillera les projections, tandis que le Palais El Badi accueillera notamment les cérémonies. D’autres rendez-vous investiront également plusieurs lieux culturels de Marrakech.

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Marrakech, écran ouvert

À Marrakech, un film peut désormais être découvert sous les arbres du Cyber Park, discuté avec son réalisateur, confronté au regard d’un jury international, repris dans un programme documentaire ou prolongé par un projet encore à l’état d’écriture.

Du 25 au 30 septembre, la ville ocre ne sera donc pas seulement un décor pour le court métrage. Elle en sera le point de rencontre : entre les films et leur public, entre les jeunes réalisateurs et ceux qui peuvent les accompagner, entre des cinématographies qui, le temps d’une petite semaine, viennent se regarder de près.

Avant que les projections ne commencent, les chaises attendent le public devant les murs du Palais El Badiî.
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Hella Habib

Journaliste culturelle et politique, a dirigé le magazine Maison & Jasmin, consacré à l’architecture et à l’art, avant d’occuper des fonctions de rédaction en chef au sein du quotidien La Presse de Tunisie. Journaliste au Courrier de l’Atlas.