Coup de cœur. C’était ça ou mourir un peu

 Coup de cœur. C’était ça ou mourir un peu

« C’était ça ou mourir », le roman de Thélyson Orélien qui raconte l’exil et redonne un visage aux migrants. (Photo : Joel Saget / AFP)

Je n’avais pas prévu de lire C’était ça ou mourir. Pas question de contribuer à engraisser Grasset, maison d’édition bollorienne. Mais les accusations de recours à l’IA, fondées sur un outil de détection dont la fiabilité fait débat, et le retrait du roman de Thélyson Orélien de la sélection du Goncourt ont suffi à me faire changer d’avis.

 

En bref

  • C’était ça ou mourir raconte le parcours de Jonas Dorléon, contraint de quitter son pays.
  • Le roman de Thélyson Orélien a été retiré de la sélection du Goncourt après des accusations liées à l’IA et de plagiat.
  • L’auteur nie les accusations concernant l’utilisation de l’IA.
  • Le roman a remporté le Prix du Roman Fnac 2026.
  • 18 256 exemplaires ont été vendus en France du 21 au 27 septembre, selon les données GfK rapportées par plusieurs médias.
Thélyson Orélien, auteur de « C’était ça ou mourir »
Thélyson Orélien (Photo : Joel Saget / AFP)

Que contenait donc ce livre d’abord encensé puis, tout à coup, voué aux gémonies ? Une voix. Celle de Jonas Dorléon, ancien professeur d’histoire-géographie que la violence qui s’invite dans son pays, alimentée notamment par des armes made in USA, contraint à partir, à quitter son chez-soi.

Son périple, véritable chemin de croix, il le raconte avec le rire, cette politesse du désespoir, et quelques souvenirs comme unique bagage.

Après avoir lu C’était ça ou mourir, impossible de ne pas changer de regard sur les migrants, impossible de n’y voir que des chiffres, des dossiers et des matricules chez ceux qui attendent une régularisation. Impossible de ne pas imaginer ce et ceux qu’ils ont laissé derrière eux et qui les hanteront à jamais.

 

Un succès qui ne se dément pas

Malgré une propension à abuser des comparaisons et des punchlines, l’écrivain, québécois d’origine haïtienne, réussit l’exploit d’humaniser ceux qu’on appelle « migrants ».

Et de rappeler, à ceux qui l’auraient oublié, qu’avant d’être une catégorie administrative, un migrant est d’abord une personne qui a une histoire, des espoirs, des souvenirs et l’irrépressible envie de vivre.

Depuis que la polémique a éclaté, le livre ne s’est pas moins vendu, bien au contraire. 18 256 exemplaires ont trouvé preneur en France entre le 21 et le 27 septembre, faisant de C’était ça ou mourir le numéro un des ventes de livres sur cette semaine contre 12 000 les précédentes. IA ou pas, le succès de C’était ça ou mourir ne se dément pas.

« C’était ça ou mourir » de Thélyson Orélien

C’était ça ou mourir

Thélyson Orélien

Grasset

21,50 € TTC

272 pages

[ Feuilleter ]

 

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Vos questions sur C’était ça ou mourir

Qui est Thélyson Orélien ?

Thélyson Orélien est un écrivain québécois d’origine haïtienne, auteur de C’était ça ou mourir. Le roman a reçu le Prix du Roman Fnac 2026.

De quoi parle C’était ça ou mourir ?

Le roman raconte le parcours de Jonas Dorléon, un ancien professeur d’histoire-géographie contraint de quitter son pays en raison de la violence.

Pourquoi le roman a-t-il été retiré du Goncourt ?

L’Académie Goncourt a annoncé le 25 septembre le retrait du livre de sa première sélection, invoquant des accusations de plagiat et les résultats convergents d’analyses concernant un recours supposé à l’IA.

Le roman connaît-il toujours le succès en librairie ?

Oui. Il a été numéro un des ventes en France entre le 21 et le 27 septembre, avec 18 256 exemplaires écoulés selon les données GfK rapportées par Le Parisien.

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Fadwa Miadi