Algérie. Hospitalisée à Paris, Kenza Kacel est décédée sans avoir pu serrer dans ses bras sa famille

 Algérie. Hospitalisée à Paris, Kenza Kacel est décédée sans avoir pu serrer dans ses bras sa famille

Illustration – AMELIE BENOIST / IMAGE POINT FR / BSIP via AFP

Kenza Kacel avait un souhait avant de partir : terminer sa vie aux côtés des siens. Ce jeudi 18 novembre, cette Algérienne de 24 ans, en phase terminale, hospitalisée à Paris est décédée sans avoir pu serrer dans ses bras une dernière fois son père et son frère, à qui la France avait interdit des visas (voir nos éditions). Seule sa mère avait pu venir en France avec un statut d’accompagnatrice.

 

Kenza s’est éteinte paisiblement ce matin, a-t-on appris par des proches de la famille.

Kenza Kacel, originaire du village d’Aït Salah dans la région d’Azazga souffrait depuis quelques années de la maladie de Hodgkin, une forme de cancer qui touche le système lymphatique l’une des composantes du système immunitaire.

Un formidable élan de générosité en Algérie avait permis de récolter plus de 250 000 euros en quelques jours, la somme pour le traitement.

Arrivée en 2016 en France pour se faire soigner, elle avait repris quelques temps ses études à Paris après l’obtention d’un bac en Algérie, avant que la maladie ne la rattrape.

« Pendant ces six ans avec la chimiothérapie, j’ai pensé à ma famille, j’ai imaginé qu’ils étaient présents avec moi, comme avant », témoignait il y a quelques jours Kenza. Un appel à l’aide resté malheureusement lettre morte.

 

>> Lire aussi : Algérie. Visas refusés pour la famille de Kenza en fin de vie et hospitalisée en France 

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.