Aurore Bergé trouve la théorie du « Grand remplacement »… pas si raciste
La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations a été hier très critiquée pour avoir invoqué la liberté d’expression au sujet de cette théorie complotiste.
En bref
- Aurore Bergé estime que le débat sur le « Grand remplacement » relève de la liberté d’expression.
- La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations préfère « combattre » cette théorie plutôt que d’empêcher d’en débattre.
- La députée Renaissance Prisca Thevenot l’a vivement critiquée sur X.
- Plusieurs responsables de gauche ont soutenu Prisca Thevenot.
- Les critiques dénoncent une banalisation de la théorie du « Grand remplacement ».
Invitée hier (10 septembre) sur France Info, Aurore Bergé a estimé que le débat sur ce sujet « fait partie de la liberté d’expression ». « Et donc je crois que le ranger sur le caractère raciste voudrait dire qu’on n’a pas le droit d’en débattre. Moi, je préfère combattre », a-t-elle plaidé.
Les réactions ne se sont pas faites attendre, y compris dans son propre camp.
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Délit
« Hein ? Aurore Bergé, tu expliques qu’une théorie raciste, ça se débat comme une opinion politique ? Le racisme est un DÉLIT », l’a interpellée sur le réseau X la députée Prisca Thevenot, membre, comme elle, du parti présidentiel Renaissance, Le Grand remplacement n’est pas un débat : c’est une théorie complotiste, qui a motivé des attentats terroristes ».
Une réaction qui a suscité une vague de soutiens… à gauche.
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Courir derrière l’extrême droite
« C’est rare. Mais, sur ce coup, Prisca Thevenot a totalement raison. Comment Mme Bergé peut-elle rester ministre des discriminations en disant que le grand remplacement n’est pas une théorie raciste ? », a écrit le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard, toujours sur X.
Même son de cloche du côté du député Aurélien Rousseau, proche du candidat Raphaël Glucksmann : « c’est une coupable complaisance de banaliser la pseudo théorie du Grand remplacement qui est un racisme sans fard ».
Le banquier d’affaires Matthieu Pigasse, qui envisage aussi une candidature à gauche, a prévenu qu’ « à force de courir derrière l’extrême droite, ils en banalisent les mots, les obsessions et désormais le racisme ».
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Vos questions sur les propos d’Aurore Bergé
Que dit Aurore Bergé sur le « Grand remplacement » ?
Elle estime que le débat sur cette théorie « fait partie de la liberté d’expression » et préfère la combattre plutôt que d’empêcher d’en débattre.
Pourquoi Prisca Thevenot critique-t-elle Aurore Bergé ?
La députée Renaissance considère que le « Grand remplacement » est une théorie raciste et complotiste qui ne doit pas être présenté comme une simple opinion politique.
Qui a soutenu Prisca Thevenot ?
Manuel Bompard, Aurélien Rousseau et Matthieu Pigasse ont notamment critiqué les propos d’Aurore Bergé et dénoncé une banalisation du discours de l’extrême droite.
Quelle est la position d’Aurélien Rousseau ?
Le député dénonce une « coupable complaisance » et considère que la théorie du « Grand remplacement » relève d’un « racisme sans fard ».
Que reproche Matthieu Pigasse à la majorité ?
Il estime qu’« à force de courir derrière l’extrême droite », ses responsables en banalisent les mots, les obsessions et désormais le racisme.
