« Bougnoules », « nègres », « singes » : le RN exclut un policier de Carcassonne

Des policiers municipaux de Carcassonne visés après la diffusion de propos racistes. © BERTRAND GUAY / AFP
Hier, le parquet a suspendu quatre policiers municipaux de Carcassonne après la diffusion d’une vidéo où ils tenaient des propos racistes. Parmi eux, un membre du service d’ordre du RN.
En bref
- Quatre policiers municipaux de Carcassonne sont visés après la diffusion d’une vidéo contenant des propos racistes.
- Les propos ont été enregistrés par une caméra piéton en novembre 2025.
- Une enquête a été ouverte par le parquet de Carcassonne.
- Le ministre de l’Intérieur a ordonné un contrôle de la police municipale par l’Inspection générale de l’administration.
- Le RN a exclu l’un des policiers de son service d’ordre et du parti.
« Bicots », « bougnoules », « nègres », « singes », « connasses », « gauche de merde ». C’est le florilège de propos racistes et discriminatoires révélés par une vidéo captée en novembre 2025 par la caméra piéton d’une patrouille de la police municipale. La presse locale a révélé le contenu de cette vidéo.
Le lendemain, le parquet de Carcassonne a dit mettre « en œuvre les dispositions (…) permettant de suspendre puis de retirer les agréments des policiers municipaux en cause qui ne respectent pas les conditions d’honorabilité attachées à leurs missions ».
Une enquête est ouverte pour diffamation envers « un groupe de personnes à raison de leur origine ».
Contrôle de la police municipale de Carcassonne
L’enquête est partie d’une plainte déposée le 31 décembre 2025 par le chef de patrouille de la police municipale pour « atteinte à l’intimité de la vie privée ».
Il se disait indigné de la « mauvaise manipulation d’une caméra piéton » qui a enregistré « à son insu (…) des propos tenus dans le véhicule (…) à bord duquel il se trouvait accompagné de trois de ses collègues ».
Le ministre de l’Intérieur a ordonné un « contrôle de la police municipale de Carcassonne par l’inspection générale de l’administration ».
Kirikou et les « bougnoules »
De son côté, la direction du RN dit avoir « immédiatement procédé à la radiation des effectifs du service d’ordre » d’un des policiers incriminés « ainsi qu’à son exclusion du Rassemblement national ».
Le policier en question s’était mis en arrêt maladie après la diffusion de la vidéo en interne. Puis il a repris du service le 16 mars, au lendemain du 1er tour des municipales.
Dans l’intervalle, il a assuré la protection du président du RN, Jordan Bardella, venu soutenir à Carcassonne Christophe Barthès, candidat qui a remporté la mairie le 22 mars.
Extraits de la vidéo qui incrimine l’agent encarté au RN : « non, c’est peut-être un migrant, un petit Kirikou », avant d’imiter un accent africain : « Kirikou dans la savane (…) il est venu en France, il est percuté par un véhicule ».
Puis, au sujet de la guerre d’Algérie : « On a niqué des bougnoules (…) ! Et eux, combien de soldats ils ont niqués ? (…) Après, où commence la torture ? ».
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Vos questions sur les propos racistes des policiers de Carcassonne
Que contient la vidéo ?
Elle contient notamment des propos racistes et discriminatoires visant des personnes en raison de leur origine, ainsi que des propos sexistes.
Quand les propos ont-ils été enregistrés ?
Ils ont été enregistrés en novembre 2025 par la caméra piéton d’une patrouille de la police municipale.
Pourquoi une enquête a-t-elle été ouverte ?
L’enquête fait suite à une plainte déposée le 31 décembre 2025 par le chef de patrouille pour « atteinte à l’intimité de la vie privée ».
Quel était le lien entre l’un des policiers et le RN ?
Le policier avait intégré le service d’ordre du RN et avait notamment assuré la protection de Jordan Bardella lors de son déplacement à Carcassonne en février 2026.
Quelle a été la réaction du RN ?
La direction du RN a annoncé sa radiation du service d’ordre ainsi que son exclusion du parti.
