Décès de Gaëtan Micallef, immense entraineur de boxe, né à Tunis

 Décès de Gaëtan Micallef, immense entraineur de boxe, né à Tunis

L’entraineur de boxe, Gaëtan Micallef (DR)

Il y a encore quelques semaines, Gaëtan Micallef, 93 ans, déjà malade, venait rendre visite aux boxeurs du club du Red Star à Saint-Ouen (93). Il les regardait, distillait encore et toujours des conseils. La boxe, c’était sa vie, et bien plus. Gaëtan Micallef est décédé ce 18 mars chez lui, à Saint-Ouen.

 

« Il fut mon premier entraîneur en boxe professionnelle, je fus son dernier boxeur pro. Je garde en tête des tas de souvenirs, de franches rigolades. Un très grand est parti, un dinosaure de la boxe s’en est allé », a tenu à témoigner Howard Cospolite, champion de France des super-welters.

Né en 1929 à Tunis, où il avait découvert la boxe, Gaëtan Micallef était arrivé en France à l’indépendance de la Tunisie en 1956. Durant plus de cinquante ans, Gaëtan Micallef a entraîné une multitude de vedettes au sein du Red Star et notamment : le champion WBO Daniel Londas ; les champions d’Europe Jean Josselin, Daniel Trioulaire, Roland Cazeaux, Lucien Rodriguez, Cyril Thomas, Guillaume Frénois et les Espagnols José Hernandez et José Manuel Urtain ; les champions de France Fabio Bettini, Stéphane Ferrara, Pierre-Franck Winterstein, Dominique Nato, Stéphane Cazeaux et Pascal Warusfel. Ainsi que trois amateurs d’exception, les vice-champions olympiques Jo Gonzales (qui allait devenir la grande vedette du Palais des Sports de Paris dans les années 1960), Jérôme Thomas et le champion d’Europe Aldo Cosentino. Il avait été également l’entraineur de l’acteur Jean-Paul Belmondo.

Hommages pour le grand entraineur

Toute la journée, les hommages se sont succédé pour un entraineur que beaucoup décrivaient comme « généreux, calme et rassurant ».

« C’est toute la ville, le monde de la boxe et l’ensemble des personnes qui ont croisé sa route qui pensent à lui aujourd’hui », s’est fendu dans un communiqué Karim Bouamrane, le maire de Saint-Ouen. « Profondément lié à l’identité populaire de la Ville et au Red Star Olympique Audonien, il avait refusé de multiples offres de fédérations sportives internationales », rappelle encore l’édile. « Gaëtan Micallef a consacré sa vie à la boxe et continuait d’entrainer d’entrainer les futurs champions dans le club de la ville », ajoute-t-il.

« Je viens de perdre mon deuxième père. Monsieur Micallef était un grand homme qui a marqué l’histoire de la boxe en France et dans notre club », s’est ému Eric Tormos, son ancien adjoint au Red Star.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.