Emmaüs: sursis requis dans le procès pour travail dissimulé

 Emmaüs: sursis requis dans le procès pour travail dissimulé

Rassemblement de soutien aux travailleurs d’Emmaüs en grève depuis un an, le 13 juin 2024, à Lille. (Photo de Sameer Al-DOUMY / AFP)

Trois responsables de communautés Emmaüs du Nord pourraient écoper de peines de prison avec sursis. Ils sont poursuivis pour travail dissimulé.

 

Le procureur a requis un an de prison avec sursis et 2 000 euros d’amende à l’encontre du président de la Halte-Saint-Jean, implantée à Saint-André-lez-Lille, et deux ans de prison avec sursis et 3 000 euros d’amende à l’encontre de la directrice. Six mois de prison avec sursis ont également été requis à l’encontre d’un ancien responsable de la communauté de Nieppe.

 

Nombreux griefs

Un rassemblement de soutien aux grévistes a eu lieu devant le tribunal à l’appel de la CGT, qui a baptisé ce rendez-vous de « procès pour la dignité ». Depuis plus d’un an, le mouvement créé par l’abbé Pierre connaît dans le Nord une vague de contestation.

Des compagnons de trois communautés – Saint-André-lez-Lille, Nieppe mais aussi Dunkerque – sont en grève, demandant leur régularisation pour le préjudice subi. Horaires de travail imposés, pécule inférieur à celui préconisé par Emmaüs France, charges à payer pour leur logement, obligation de travailler même malades. Leurs griefs sont nombreux.

 

Carte de séjour

Autonomes les unes des autres mais fédérées par Emmaüs France, les 120 communautés de l’association accueillent aujourd’hui majoritairement des étrangers en situation irrégulière, qui peinent à en sortir faute de papiers.

En 2008 a été créé le statut d’Organismes d’accueil communautaire et d’activités solidaires, reconnaissant les compagnons comme travailleurs solidaires et leur permettant, via des cotisations à l’Urssaf des communautés, de bénéficier d’une retraite et d’indemnités en cas d’arrêt de travail. Depuis 2018, un étranger justifiant de trois années d’activité ininterrompue dans un OACAS, mais aussi de perspectives d’intégration, peut se voir accorder une carte de séjour.

 

 

Chloé Juhel