Beaucaire: le maire FN débaptise une rue nommée en honneur du cessez-le-feu de la guerre d’Algérie

 Beaucaire: le maire FN débaptise une rue nommée en honneur du cessez-le-feu de la guerre d’Algérie

Julien Sanchez le maire FN de Beaucaire


 


Une information passée presque inaperçue. Après Robert Ménard à Béziers, Julien Sanchez le maire de Beaucaire, ville du Gard, a décidé de changer le nom de la rue du 19 mars 1962, date du cessez-le-feu entre l’Algérie et la France.


 


Elle s’appelle désormais "rue du 5 juillet 1962", en honneur au "massacre d’Européens à Oran". La nouvelle plaque a été posée administrativement en prévision de l’entrée en vigueur de cette décision municipale ce dimanche 29 novembre. Le maire et tête de liste FN du Gard pour les régionales, Julien Sanchez, a en revanche dû renoncer à la cérémonie qu’il avait prévue à une semaine du scrutin en raison de l’interdiction préfectorale de rassemblement sur la voie publique.


L’édile imite ainsi le maire de Béziers Robert Ménard, élu avec les votes du FN, qui avait déjà débaptisé la rue du 19 mars 1962 dans sa ville, en mars 2015, pour lui donner le nom d’Hélie Denoix de Saint-Marc, un militaire partisan de l’Algérie française ayant pris part au putsch des généraux. M. Sanchez a dit vouloir donner à la rue en question un nom « moins polémique », « qui ne blessera personne ».


« Le fait d’avoir une rue du 19 mars 1962 peut être considéré comme une insulte pour tous ceux qui sont morts après. ». Mais dans le contexte des régionales, alors que le Front national cherche à attirer le vote de certains pieds-noirs et harkis, le nom choisi pourra difficilement passer pour un signe d’apaisement. La nouvelle date évoque un épisode sombre et méconnu de l’histoire franco-algérienne, le massacre à Oran le 5 juillet 1962, plus de trois mois et demi après les accords de paix, de plusieurs centaines d’Européens et de musulmans soupçonnés de les soutenir. Des opposants au changement de nom de cette rue et au maire dénoncent une « majorité municipale lepéniste constituée de nostalgiques du colonialisme ».


Ils en appellent au préfet, estimant que les élus qui ont voté le changement de nom « violent la loi », la date du 19 mars 1962 ayant été choisie par la représentation nationale comme la journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc.


Nadir Dendoune
Nadir Dendoune

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