Pas de voile à l’hôpital : la Cour européenne des droits de l’Homme valide la décision française

 Pas de voile à l’hôpital : la Cour européenne des droits de l’Homme valide la décision française

La salle d’audience de la la Cour européenne des droits de l’Homme. OLIVIER MORIN / AFP


 


Une assistante sociale française en CDD au centre hospitalier de Nanterre, qui contestait le non renouvellement de son contrat en décembre 2000 en raison de son refus d’ôter son voile islamique, a été déboutée, ce jeudi 26 novembre, par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).


 


Approuvée par les tribunaux administratifs français, la décision de l'établissement avait cependant été contestée par l’employée, qui avait saisi la Cour européenne des droits de l'Homme (CDEH).



La CEDH a estimé à l’unanimité qu’il ne s’agissait pas d’une violation de la Convention européenne des Droits de l’Homme, qui garantit dans son article 9 le droit de toute personne à la liberté de pensée, de conscience et de religion.


Les juges ont considéré que « l'Etat qui emploie la requérante au sein d'un hôpital public peut juger nécessaire qu'elle ne fasse pas état de ses croyances religieuses dans l’exercice de ses fonctions pour garantir l'égalité de traitement des malades ».



La CEDH a reconnu qu’il y avait eu une ingérence dans le droit de l’employée à manifester sa religion, mais que le but poursuivi par l'employeur, à savoir « la protection des droits et libertés d’autrui », était légitime. Dans leur verdict, les magistrats ont fait primer les principes de laïcité et de neutralité sur celui de libre expression des croyances religieuses.


 


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.