Kaouther Adimi, lauréate du 10e Prix du Roman des Étudiants

 Kaouther Adimi, lauréate du 10e Prix du Roman des Étudiants

© Sacha Lenormand/Editions du Seuil

En 2022, Kaouther Adimi obtient le prix du roman des Étudiants France-Culture Télérama pour son roman Au vent mauvais, éd. du Seuil.

 

Kaouther Adimi vit jusqu’à l’âge de quatre ans à Alger, avant que sa famille ne s’établisse en France, à Grenoble, pour quatre ans. Durant cette période, elle découvre le plaisir de la lecture avec son père, qui l’emmène chaque semaine à la bibliothèque municipale. En 1994, elle rentre en Algérie, qui vit alors sous l’emprise du terrorisme. Ayant peu  d’occasions de lire, elle commence à écrire ses propres histoires. Alors qu’elle étudie à l’université d’Alger, elle voit une affiche de l’Institut français qui organise un concours de jeunes écrivains. Sa nouvelle retient l’attention du jury, qui la publie dans un recueil contenant les nouvelles des lauréats. Grâce à ce concours, elle est invitée à Muret, à Toulouse, puis à Paris.

Kaouther Adimi est diplômée en lettres modernes et en management des ressources humaines. En 2009, elle écrit son premier roman, L’Envers des autres. La même année, elle quitte à nouveau Alger, pour s’installer à Paris.

Quelques prix et distinctions

Ses nouvelles ont été distinguées à plusieurs reprises par le prix du jeune écrivain francophone de Muret (2006 et 2008) et par le prix du FELIV (Festival international de la littérature et du livre de jeunesse d’Alger) en 2008.

« L’Envers des autres« , son premier roman publié en mai 2011 aux éditions Actes Sud a auparavant été édité en Algérie par les éditions Barzakh sous le titre « Des ballerines de Papicha » en juin 2010. Elle a obtenu le Prix de la Vocation en 2011. En 2016, paraît son deuxième roman « Des pierres dans ma poche » aux éditions du Seuil. Il a bénéficié d’un succès critique et de sélections sur de nombreuses listes de prix.

« Nos richesses » est publié en 2017. Il a obtenu le prix Renaudot des lycéens 2017, le prix du Style 2017, le prix Beur FM Méditerranée 2018 et une mention Spéciale du prix littéraire Giuseppe Primoli 2018.

Trois personnages aux destins croisés

Ce cinquième roman inspiré de son histoire familiale est considéré comme l’œuvre la plus étoffée de l’écrivaine. Au vent mauvais met en scène trois personnages aux destins croisés. Leïla, Tarek et Saïd qui grandissent dans un village de l’est de l’Algérie, au début des années 1920. La première, mariée très jeune contre son gré, décide de se séparer et retourne chez ses parents, avec son fils, dans la réprobation générale. Tarek est un berger timide et discret. Saïd, lui, vient d’une famille plus aisée et poursuit des études à l’étranger. Tous deux sont secrètement amoureux de Leïla.

La Seconde Guerre mondiale envoie les hommes au front, ils se perdent de vue. Saïd devient un homme de lettres. Tarek, rentré au village, épouse Leïla et adopte l’enfant. Trois filles suivront. Bientôt il rejoint la lutte pour l’indépendance, puis participe au grand tournage de La Bataille d’Alger, avant de partir travailler dans une usine, en région parisienne. Par une suite de hasards inattendus, il se retrouve gardien d’une magnifique villa à Rome. Leïla, elle, connaît le sort des femmes rurales de l’époque. Cantonnée dans l’éducation des enfants et les tâches ménagères, elle décide d’apprendre à lire et à écrire pour se sortir de sa condition. Mais la publication du premier roman de Saïd vient bouleverser la vie du couple. Tarek doit rentrer au plus vite.

En suivant le parcours de ses trois personnages, Kaouther Adimi dresse une fresque de l’Algérie, à travers presque un siècle. De la colonisation à la lutte pour l’indépendance, à l’été 1992, quand la guerre civile éclate pour ensanglanter le pays pendant près d’une décennie.

 Kaouther Adimi, l’heureuse lauréate de la dixième édition du Prix du Roman des Étudiants France-Culture Télérama, recevra son prix à la mi-janvier 2023.

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Mishka Gharbi