À la fin 2020, un record historique du nombre de réfugiés dans le monde

 À la fin 2020, un record historique du nombre de réfugiés dans le monde

Photo HCR/Ivor Prickett

Persécution, conflits, violences, violations des droits humains ou événements troublant gravement l’ordre public… Le nombre de personnes devant fuir leur patrie a atteint un chiffre sans précédent à la fin 2020. Dans un rapport publié vendredi 18 juin, l’ONU a indiqué que si le nombre de réfugiés a continué à augmenter durant la crise sanitaire, il a également doublé en 10 ans. 

82.4 millions de “déplacés” dans le monde à la fin 2020, alors qu’ils étaient environ 40 millions il y a dix ans, c’est ce que révèle le rapport annuel de l’ONU pour les réfugiés, un chiffre jamais atteint par le passé.

1 % de l’humanité déplacée

Le nombre de réfugiés, de personnes déplacées à l’intérieur de leur pays et de demandeurs d’asile a progressé de 4 % en 2020, soit la neuvième année de hausse continue des déplacements forcés dans le monde. Aujourd’hui, 1 % de l’humanité est déplacée. Durant la pandémie, « tout s’est arrêté, y compris l’économie, mais les guerres, les conflits, la violence, les discriminations et les persécutions – tous ces facteurs qui poussent les gens à fuir – ont eux continué », a expliqué à l’AFP le chef de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi.

Les principaux pays d’origine

L’an dernier, plus des deux tiers de toutes les personnes ayant fui à l’étranger étaient originaires de cinq pays : Syrie (6.7 millions), Venezuela (4 millions), Afghanistan (2.6 millions), Soudan du Sud (2.2 millions) et Birmanie (1.1 million).

Fin 2020, le monde comptait 30.3 millions de réfugiés et autres personnes déplacées de force hors de leur pays, dont 5.7 millions de réfugiés palestiniens et 3.9 millions de Vénézuéliens. Et les demandeurs d’asile représentaient 4.1 millions de personnes.

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Les jeunes déplacés

Les jeunes de moins de 18 ans représentent 42 % de toutes les personnes déracinées. Selon les estimations du HCR, près d’un million d’enfants sont nés en tant que réfugiés entre 2018 et 2020. « La tragédie de tant d’enfants nés en exil devrait être une raison suffisante pour faire beaucoup plus d’efforts pour prévenir et mettre fin aux conflits et à la violence », a plaidé Filippo Grandi.

Les réfugies internes

« Le grand saut concerne le chiffre des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays », qui s’élève maintenant à 48 millions, « un nombre sans précédent », a indiqué Filippo Grandi. Principalement engendré par les crises en Éthiopie, au Soudan, dans les pays du Sahel, au Mozambique, au Yémen, en Afghanistan et en Colombie, le nombre de déplacés internes a augmenté de plus de 2.3 millions l’an dernier.

Les principaux pays d’accueil

Pour la septième année consécutive, la Turquie a accueilli la plus importante population de réfugiés au monde (3.7 millions), suivie par la Colombie (1.7 million), le Pakistan (1.4 million), l’Ouganda (1.4 million) et l’Allemagne (1.2 million).

« Les solutions nécessitent que les dirigeants à travers le monde entier et les personnes d’influence laissent de côté leurs différences, mettent fin à une approche égoïste de la politique et se concentrent plutôt sur la prévention et le règlement des conflits, ainsi que le respect des droits humains », a martelé Filippo Grandi.

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Malika El Kettani