Les Palestiniens refusent les vaccins Pfizer israéliens bientôt périmés

 Les Palestiniens refusent les vaccins Pfizer israéliens bientôt périmés

Vaccination à Cheikh Redwan clinic à Gaza.(crédit photo : Majdi Fathi/NurPhoto via AFP)

Israël peut se targuer d’avoir réussi sa campagne de vaccination. 55% de la population israélienne, soit plus de 5,1 millions de personnes, ont reçu les deux doses. Coté palestinien, seules 260 000 personnes bénéficiaient des deux doses de vaccins. Le nouveau gouvernement souhaitait “avancer” 1 million de vaccins Pfizer à l’Autorité Palestinienne. Celle a refusé ses vaccins “en passe d’être périmés.”

L’ancien premier ministre, Benyamin Netanyahu pratiquait la politique de l’autruche. Pensant que le vaccin ne traverse pas les frontières, il n’a pris en charge la vaccination que des seuls habitants d’Israël, délaissant ceux de Cisjordanie et de Gaza. Résultat : d’un coté, 5,1 million de personnes vaccinées (55% de la population), de l’autre, à peine 270 000 palestiniens ayant reçu les deux doses.

Cet état de fait soulève des indignations de la part des activistes Palestiniens et des associations de droits de l’homme. Accusé de ne pas prendre en compte les populations palestiniennes sous leur contrôle, Israël et son nouveau premier ministre Naftali Bennett tentent de réguler la situation.

Engageant un accord avec l’Autorité Palestinienne et le géant Pfizer, il prévoit de transmettre 1,4 million de doses du vaccin. De leur coté, les Palestiniens s’engageaient à remettre à l’état hébreu le nombre équivalent sur des cargaisons attendues en septembre ou octobre. Les doses livrées aux Palestiniens devaient “expirer bientôt”, selon le bureau du premier ministre israélien

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Renvoi de 90 000 doses de vaccins périmés

Mais quelques heures plus tard, après examen, l’Autorité Palestinienne annule l’accord sur les vaccins Pfizer. Elle constate que les lots ne sont pas “conformes aux caractéristiques de l’accord“. En effet, le ministre de la santé, Mai Al Kaila, indique que la date d’expiration évoquée par les Israéliens “était en juillet ou en août, ce qui laisserait le temps pour l’utilisation“. Après examen, le ministre reçoit l’information que la date “est pour juin, ce qui ne laisse pas assez de temps pour les utiliser.”

Ce problème de date de péremption explique le refus de l’Autorité des vaccins en provenance de l’Etat hébreu. Pour l’heure, les Palestiniens ont renvoyé 90 000 doses à Israël. Les Israéliens refusent le retour des vaccins, expliquant qu’ils seront détruits. Ce refus de l’accord provoque des rumeurs sur les réseaux sociaux. Les israéliens y sont accusés de vouloir “empoisonné” les Palestiniens avec des vaccins périmés.

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30% des Palestiniens éligibles ont reçu une dose de vaccin. Les vaccins proviennent d’Israël, sous pression de l’ONU. La Russie, la Chine, les Emirats Arabes Unis et le programme Covax d’accès mondial au vaccin complètent le reste.

Selon le Washington Post, 5 millions de Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza rencontrent des difficultés à se faire vacciner, là où Israël est revenu à une vie plus ou moins normale. La situation est préoccupante à Gaza, notamment après l’escalade de violences. Celle-ci a obligé les campagnes de vaccination à trouver de nouveaux vaccinodromes.

 

 

Yassir GUELZIM

Journaliste Print et web au Courrier de l'Atlas depuis 2017. Ancien de RFI, LCI, France Inter. Producteur et réalisateur (Arte Reportage, France24, France tv).