Le député LFI Aymeric Caron saisit la justice après un gala de soutien à l’armée israélienne

 Le député LFI Aymeric Caron saisit la justice après un gala de soutien à l’armée israélienne

Illustration – Le député LFI – Nouveau Front Populaire Aymeric Caron tient le portrait d’une enfant palestinienne tuée par l’armée israélienne à Gaza, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 8 avril 2025. (Photo de Thomas SAMSON / AFP)

Un événement organisé le 27 mai à Paris suscite une vive controverse. Sous le parrainage d’Olivier Rafowicz, porte-parole de l’armée israélienne, le gala de l’association DDF (Diaspora Defence Forces), animé notamment par le publicitaire français Frank Tapiro, a été marqué par des prises de parole saluées comme une apologie de l’armée israélienne en guerre à Gaza. Le député La France insoumise Aymeric Caron a annoncé avoir saisi le parquet de Paris, estimant que certains propos et mises en scène pourraient relever de l’apologie de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

« Au nom de l’article 40 du Code de procédure pénale, je saisis la Procureure de la République de Paris », a déclaré le député, dénonçant un événement qu’il juge comme « une fête sur des tombes ».

Une séquence diffusée sur les réseaux sociaux a particulièrement choqué : un quiz interactif durant le gala a proposé au public de deviner le pourcentage de Gazaouis morts depuis le début de la guerre. La scène se voulait ludique : chrono affiché, ambiance tendue et rires dans la salle. Une voix pose la question :

« Depuis le début de la guerre, si 55 000 personnes sont mortes à Gaza, dont 55 % de civils, ça fait combien de Gazaouis qui sont morts ? 10,5 %, 24,6 %, 1,3 % ou 5,5 % ? »

Dans un contexte où la population gazaouie subit des bombardements quotidiens, la légèreté du ton et les applaudissements entendus dans la salle ont soulevé une vague d’indignation.

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Le gala a également récompensé plusieurs personnalités médiatiques et politiques connues pour leur soutien inconditionnel à Israël, dont Laurence Ferrari, Arthur, Bernard-Henri Lévy, Philippe Lellouche, Franz-Olivier Giesbert, Mona Jafarian ou encore Céline Pina. Parmi les invités notables figuraient la ministre du Travail Astrid Panosyan-Bouvet et la députée Caroline Yadan.

Durant la soirée, une intervenante a qualifié les soldats israéliens opérant à Gaza de « héros », tandis qu’Olivier Rafowicz, ovationné par l’assistance, a remercié Frank Tapiro pour avoir « mis en place DDF, un outil de soutien à Israël » dans ce qu’il appelle une guerre.

Pour Aymeric Caron, ce qui s’est joué lors de cet événement dépasse la provocation. Il y voit un signal glaçant : « Ce n’était pas un simple événement. C’était une célébration du déni. Une insulte aux vivants et aux morts. Une fête sur des tombes. »

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Dans son signalement au parquet, le député évoque des infractions possibles d’apologie de crimes d’atteinte à la vie, de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, voire de complicité. Le parquet de Paris ne s’est pas encore exprimé publiquement sur cette saisine.

En attendant, la séquence continue d’alimenter un débat national sur les limites morales dans le soutien à un État en guerre, sur la place du respect des morts dans l’espace public et sur ce que la société française est prête à tolérer, au nom de ses alliances.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.