Élection de Miss Irak, la soirée du blasphème ou comment narguer l’EI

 Élection de Miss Irak, la soirée du blasphème ou comment narguer l’EI

Ces Miss font partie d’une génération d’Irakiens qui a fait le choix de vivre malgré la guerre et les bombes

Miss Irak : Huit femmes sur un podium, des blondes et des brunes, des robes moulantes et des paillettes. Vous connaissiez Miss France ? Et bien voici des Miss Irak qui reviennent de loin.

L’élection se déroule dans un grand hôtel de Bagdad. C’est une première dans le pays depuis plus de 40 ans. La dernière Miss Irak fut élue en 1972. Une soirée sous haute sécurité. Et pour cause, l’organisation terroriste, l’État Islamique, est à 50 Km seulement et les attentats sont monnaie courante en Irak.

Être sacrée Miss Irak n’est pas seulement un gage de beauté, c’est donc une preuve de courage. Dans ce pays dévasté par la guerre et le terrorisme, cette élection passe pour de la provocation, pour ne pas dire du blasphème.

Des chiites, des sunnites, des chrétiennes et des kurdes

Les postulantes en savent quelque chose. Elles étaient 60 au départ. Des chiites, des sunnites, des chrétiennes et des kurdes venues de tout le pays. 8 seulement sont restées sur le podium, après la défection de 15 d’entre elles, qui ont préféré abandonner la compétition. Sur ces terres, il ne suffit pas d’être belle pour être reine.

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Ces Miss font partie d’une génération d’Irakiens qui a fait le choix de vivre malgré la guerre et les bombes.

Quelques jours plus tôt, à Bagdad, comme partout ailleurs, les candidates ont un programme chargé. La première chaine de télé du pays qui organise l’élection, utilise l’image de ces reines de beauté pour promouvoir l’Irak et ses charmes.

https://info.icrc.org/fr/irak-revenir-%C3%A0-la-vie

Sauf que par la fenêtre du mini-bus, la réalité est plus sordide. Postes de contrôle, blindés et hommes en armes à chaque coin de rue. L’une des Miss explique : “Nous avons grandi en Irak et tout ce que vous voyez c’est la routine pour nous”.

Malgré le risque, elles visitent aujourd’hui un site archéologique célèbre : Babylone. En attendant le grand soir.

Ici en Irak, c’est difficile de cantonner ces Miss à leurs rôles d’ambassadrices de charme, puisque dans ce pays divisé et meurtri par la guerre civile et les attentats terroristes, tout prend une tournure politique. Les jeunes femmes ont décidé d’assumer, préférant ignorer le danger voire la mort.

Mishka Gharbi