Netanyahu ferme la porte à double tour : pas d’État palestinien à Gaza

 Netanyahu ferme la porte à double tour : pas d’État palestinien à Gaza

Photo par JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Soutenu par Donald Trump, Benyamin Netanyahu durcit une nouvelle fois sa ligne. Sous sa direction, Israël se concentrera sur deux priorités non négociables : désarmer le Hamas et démilitariser Gaza.

 

Lors d’une conférence de presse mardi soir (27 janvier), le Premier ministre israélien s’est montré inflexible. Il a réaffirmé qu’il ne permettrait pas la création d’un État palestinien et « certainement pas à Gaza ». « J’entends dire que j’autoriserais la création d’un État palestinien à Gaza. Cela n’a pas eu lieu et cela n’arrivera pas », a-t-il martelé, revendiquant avoir « empêché à maintes reprises la création d’un État palestinien ».

Benyamin Netanyahu a précisé qu’Israël allait désormais concentrer ses efforts sur deux missions : « désarmer le Hamas et démilitariser Gaza en éliminant les armes et les tunnels », au lendemain du rapatriement de la dernière dépouille d’otage du 7-Octobre.

Ce retour, qui marque la fin du long combat des familles d’otages enlevés à Gaza, était une exigence posée par Israël avant toute avancée dans le cadre du plan de Donald Trump visant à mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien.

Le Premier ministre a également exclu toute reconstruction de la bande de Gaza tant que ces objectifs ne seraient pas atteints. « Comme je l’ai indiqué au président Trump, cela se fera de manière facile ou de manière difficile. Mais dans tous les cas, nous y parviendrons », a-t-il assuré.

Lundi 26 janvier, le mouvement islamiste palestinien a réaffirmé son « engagement » envers l’accord de cessez-le-feu, entré en vigueur sous pression américaine le 10 octobre. Mais le Hamas refuse toujours de déposer les armes aux conditions fixées par Israël.

Après l’instauration de cette trêve fragile, la deuxième phase du plan Trump prévoit, outre le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l’armée israélienne (qui contrôle encore environ la moitié de la bande de Gaza) ainsi que le déploiement d’une force internationale.

La guerre, déclenchée par l’attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, a ravivé les appels internationaux en faveur d’une solution à deux États. Une option que Benyamin Netanyahu rejette catégoriquement.

« Aujourd’hui comme demain, nous ne le permettrons pas », a-t-il insisté, affirmant qu’Israël « maintiendra son contrôle sécuritaire sur l’ensemble de la zone allant du Jourdain à la mer Méditerranée », englobant Israël et l’ensemble des Territoires palestiniens occupés.

Le chef du gouvernement israélien a enfin adressé un avertissement direct à l’Iran, alors que Washington laisse planer la menace d’une action militaire. « Si l’Iran commet la grave erreur d’attaquer Israël, nous répondrons avec une force que l’Iran n’a encore jamais vue », a-t-il prévenu.

De Gaza à Téhéran, Netanyahu trace ainsi une ligne dure, assumée et sans concession.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.