Quand l’inclusion économique accélère la performance

 Quand l’inclusion économique accélère la performance

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Les discriminations par rapport au genre, aux origines, etc.. sont contre-productives d’un point de vue morale mais aussi économique. Lors du sommet de l’inclusion économique à Bercy, organisé par Mozaïk RH, les intervenants sont revenus sur l’accroissement des performances et de la croissance des entreprises qui diversifient leurs salariés.

Le président de la fondation Mozaïk RH a le sourire. Cette deuxième édition du Sommet de l’Inclusion Economique à Bercy est un franc succès. Les participants sur place ont doublé cette année ! Avec près de 70 entreprises dont un grand nombre du CAC40, les participants ont pu rencontrer des responsables de ressources humaines ou de CFA pour des stages, emplois ou réseautage.

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Un problème systémique

Selon une étude des Défenseur des droits, 37% des 18-34 ans rapportent avoir vécu une situation de discrimination dans le cadre de leur recherche d’emploi ou de carrière. Et cela touche tous les niveaux de l’entreprise. A plus haut niveau au niveau des Comex et du SBF120, ils sont seulement 3,5% des dirigeants sont issus de la diversité ethnoculturelle.

Rencontré entre le sommet, Yann, consultant SEO, a vécu des discriminations malgré un parcours sans faute dans de grands groupes de communication. Après une reconversion, il décide de tenter sa chance pour les administrations publiques. « Il s’agit d’un problème systémique, déclare le jeune consultant de 30 ans. Cela fait plusieurs décennies que l’on nous a mis dans certaines zones. On se retrouve dans des secteurs comme le nettoyage ou administratifs peu valorisés. Nous n’en bougeons pas. Or, avec la nouvelle génération qui arrive sur le marché du travail, nous pouvons changer tout ça ! »

Et pourtant, inclure économiquement des personnes de sexes, d’origines et de statuts sociaux différents permet d’améliorer la performance des entreprises et même l’économie nationale. Ainsi, plus de diversité en entreprise permettrait de générer 0,4 point de PIB supplémentaire.

Genre, origine, statut social

Au 2nd sommet de l’inclusion économique à Bercy, on a parlé genre, origine, statut social, pour dépasser ses préjugés. L’inclusion économique est une nécessité que les entreprises ont bien assimilés. « Il y a une tension sur le recrutement dans les métiers techniques, indique Maurice Biering, responsable de la formation CFA Engie.  C’est pour cela que le CFA a été mis en place. On développe le recrutement dans les métiers techniques, notamment chez les jeunes femmes. »

Et les entreprises ont bien raison de s’impliquer dans la diversité. En effet, selon une étude de Boston Consulting, les entreprises dont les équipes dirigeantes affichent une diversité supérieure à la moyenne sont près de 20% plus innovantes que les autres. Pour Guillaume Lafitte, responsable du recrutement chez Sonepar France, c’est sur le genre que son entreprise veut avancer, notamment dans les métiers techniques, assez masculins. « Il s’agit d’une question de métier. Nous sommes dans la distribution de matériel électrique. Nous cherchons particulièrement des personnes qui est des formations techniques. Or,  on trouve une majorité masculine sur ces métiers. L’objectif pour nous est de s’ouvrir à des profils féminins. Cela peut passer par des intervenants en école. On peut montrer que ces métiers ne sont pas 100% masculin et qu’ils peuvent être ouverts aux femmes. »

Hugo Atteyraud, qui travaille pour un cabinet de chasseurs de têtes, constate aussi que l’inclusion économique évolue dans l’esprit des recruteurs. « La diversité fait partie de nos centres d’intérêts maintenant. Ca n’existait pas, il y a quelques années. Cela fait partie des segments de recherche. On est sur un marché en tension. On recherche avant tout des ressources sur tous les segments possibles. Par contre, ce n’est pas nous qui décidons. C’est le recruteur ! »

Selon un sondage Viavoice, les 3 quarts des recruteurs estiment qu’une prise en compte des soft skills plus important favorise l’égalité des chances au sein de leur expérience.

Yassir GUELZIM

Journaliste Print et web au Courrier de l'Atlas depuis 2017. Ancien de RFI, LCI, France Inter. Producteur et réalisateur (Arte Reportage, France24, France tv).