Antisionisme: « Ce projet de résolution ne peut que nuire à tous les antiracismes », Jean-Guy Greilsamer, militant

 Antisionisme: « Ce projet de résolution ne peut que nuire à tous les antiracismes  », Jean-Guy Greilsamer, militant


Jean-Guy Greilsamer est un militant antiraciste de longue date. Membre de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP), il est farouchement opposé à la proposition de loi ou de résolution (non contraignante), que doivent soumettre prochainement au Parlement une trentaine de députés, membres du groupe d’études de l’Assemblée nationale sur l’antisémitisme. 


Jean-Guy Greilsamer a décidé de faire part de son mécontentement en envoyant une lettre aux députés. « Je vous écris à la fois en tant que simple citoyen et en tant que Juif soucieux du respect des droits humains et de la liberté d’expression. Je vous écris à propos d’un projet de résolution qui va vous être soumis probablement très prochainement et qui malgré certaines apparences serait très inquiétant s’il était adopté », commence ainsi le militant.


Le député LREM Sylvain Maillard, président du groupe d’études, justifie cette proposition de loi, en s’appuyant sur des statistiques qui montrent une « montée de l’antisémitisme spectaculaire ». Un argument qui ne convainc pas Jean-Guy Greilsamer : « des mesures de répression de l’antisémitisme existent déjà sans qu’il soit besoin d’en inventer de nouvelles et elles ont été utilisées, par exemple contre Alain Soral », écrit-il. « Privilégier la lutte contre l’antisémitisme s’inscrit dans une logique de concurrence des victimes et ne peut que nuire à tous les antiracismes. Allez-vous par exemple prétendre, au regard en particulier de l’actualité récente, que l’islamophobie serait moins importante que l’antisémitisme ? », interroge le militant.


Jean-Guy Greilsamer voit surtout dans ce projet de loi une tentative de criminaliser l’antisionisme, et donc de taire toute critique de la politique coloniale de l’Etat d’Israël. Affirmant que l’« antisionisme serait une forme réinventée de l’antisémitisme », Sylvain Maillard insiste : « 'Dire mort à Israël', ça veut dire 'mort aux juifs' ». Avec les autres parlementaires du groupe d’études, Sylvain Maillard souhaite que l’antisionisme soit reconnu comme un délit au même titre que l’antisémitisme.  Sur Public Sénat en février 2019, le député LREM déplorait le « trou juridique dans notre législation ».


« L’antisionisme n’est pas un délit, mais une idéologie, d’ailleurs née parmi les Juifs. Je ne conteste pas que des antisémites s’abritent derrière l’antisionisme, mais la grande majorité du mouvement de solidarité avec le peuple palestinien combat tout racisme », martèle de son côté Jean-Guy Greilsamer.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.