Les dockers de Marseille refusent de charger des armes à destination de l’Arabie saoudite

 Les dockers de Marseille refusent de charger des armes à destination de l’Arabie saoudite

28/05/2019 – Le cargo Bahri Tabuk au port de Fos-Marseille. / © BORIS HORVAT / AFP


Le port de Marseille-Fos «ne servira pas à charger des armes ou des munitions», a assuré ce mardi 28 mai à l'AFP Laurent Pastor, secrétaire général CGT des dockers de Fos-sur-Mer, où doit avoir lieu un chargement de munitions françaises à destination de l'Arabie saoudite selon le média indépendant Disclose.


Selon laurent Pastor, le chargement du cargo Bahri Tabuk a été présenté aux dockers comme du «matériel civil pour un projet lié à l'énergie». «On sera présents pour vérifier ce chargement, car la confiance a ses limites», a-t-il assuré à l'AFP, ajoutant que ces opérations étaient prévues pour mercredi, mais qu'elles pourraient être «retardées en raison du mauvais temps».



Cette nouvelle livraison, si elle est confirmée, intervient alors que le gouvernement français est accusé par plusieurs ONG de livrer à l'Arabie saoudite, de manière licite mais opaque, des armes susceptibles de tuer des civils au Yémen. Cette «sale guerre», selon la formule même des autorités françaises, a fait depuis 2015 des dizaines de milliers de morts et entraîné l'une des pires crise humanitaires au monde, selon l'ONU.



Le 10 mai, un autre cargo saoudien de la compagnie Bahri, le Bahri Yanbu, avait renoncé à accoster au port du Havre où il devait prendre livraison d'armes françaises. L'affaire avait été là aussi dévoilée par Disclose. Ce média indépendant avait également révélé mi-avril une note confidentielle de la Direction du renseignement militaire (DRM) listant les armes françaises utilisées au Yémen et évoquant la possibilité qu'elles puissent toucher des civils.


 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.