Zémorda Khelifi, première femme patronne des pompiers du Rhône

 Zémorda Khelifi, première femme patronne des pompiers du Rhône

Zémorda Khelifi, conseillère municipale EELV à Villeurbanne et vice-présidente de la métropole de Lyon, élue à la tête des Sapeurs-pompiers de la Métropole de Lyon et du Rhône (SDMIS), le 3 novembre 2020. Photo : DR

Son élection à la tête du SDMIS (Service Départemental Métropolitain d’Incendie de Secours) ne faisait aucun doute. Mardi 3 novembre, Zémorda Khelifi, conseillère municipale  Europe-Ecologie les Verts à Villeurbanne et vice-présidente de la Métropole de Lyon, est devenue la nouvelle patronne des pompiers du Rhône. Elle est la première femme de l’histoire à occuper ce poste. Pendant six ans, Zémorda Khelifi va présider le Conseil d’administration d’un service couvrant les 267 communes du département du Rhône et dont le budget s’élevait à 189 millions d’euros en 2019.

Zémorda Khelifi, élue patronne des Sapeurs-pompiers de la Métropole de Lyon et du Rhône (SDMIS), le 3-11-2020.
Zémorda Khelifi, élue patronne des Sapeurs-pompiers de la Métropole de Lyon et du Rhône (SDMIS), le 3-11-2020. Photo : DR

LCDL : On vous sent très fière…

Zémorda Khelifi : Je le suis. C’est un immense honneur pour moi d’avoir été élue à un tel poste. Je mesure également l’importance d’une telle mission. Il va falloir répondre aux attentes du nombreux personnel du service des sapeurs-pompiers de la métropole de Lyon et du Rhône. Je rappelle qu’il est composé de 1 260 sapeurs-pompiers professionnels, de 5 000 pompiers volontaires, de 1 250 jeunes en formation et de 350 membres du personnel administratif et technique…

Quelles vont être vos premières mesures ? 

Depuis des années, les sapeurs-pompiers sont en souffrance, que ce soit dans notre région ou un peu partout en France. Ils sont souvent applaudis pour leur bravoure mais ils sont également victimes de trop nombreuses agressions lors de leurs interventions et c’est inadmissible.

Je vais donc tout mettre en œuvre pour qu’ils puissent assurer leur mission en toute sécurité. Outre le volet sécuritaire, nous allons devoir en tant que service public, nous adapter aux nouvelles technologies de l’information et de la communication afin d’être innovant et plus efficace. Investir en ce sens afin de s’adapter avec le monde qui évolue.

Dans le Rhône, mais aussi un peu partout en France, il y a très peu de pompiers femmes…

Effectivement, et c’est bien dommage. Dans notre région, elles ne sont que 14%. C’est un métier qui semble ne pas les attirer, elles se disent que ce n’est pas pour elles, que « c’est un boulot d’hommes », alors qu’elles ont toute leur place à nos côtés. Elles sont tout à fait capables d’exercer ce métier. Je pense que cela se joue dès le recrutement.

C’est un métier qui est très mal connu de la population. Nous allons donc réfléchir à une campagne de communication pour donner envie à tout le monde de rejoindre les rangs des sapeurs-pompiers. La diversité est une richesse.

Zémorda Khelifi, vous êtes la première femme à être élue à ce poste…

Même si je pense qu’il s’agit d’un signal positif pour les femmes parce que cela prouve une nouvelle fois que les femmes peuvent exercer elles aussi des postes à responsabilités, j’espère avoir été d’abord choisie pour mes compétences.

Malheureusement, que ce soit pour les femmes ou les « minorités », nous sommes encore trop peu nombreux à occuper de tels postes. Il y a toujours « ce plafond de verre » auquel se heurtent les femmes et les minorités dans l’avancement de leurs carrières ou dans l’accession à de hautes responsabilités. Il est temps que cela change.

>> lire aussi : Une première en France, une rue porte le nom d’une « femme voilée »

Zémorda Khelifi, élue patronne des Sapeurs-pompiers de la Métropole de Lyon et du Rhône (SDMIS), le 3-11-2020. Photo : DR

 

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.