L’acteur Ludovic Berthillot s’exprime après la libération de Patrick Balkany

 L’acteur Ludovic Berthillot s’exprime après la libération de Patrick Balkany

Ludovic Berthillot acteur


Ludovic Berthillot est acteur. Depuis 13 ans, aux côtés de l’entraîneur Jean-Pierre Giraudet, il donne bénévolement des cours de boxe anglaise à des détenus de la prison de Poissy dans les Yvelines. La libération, ce mercredi 12 février, de Patrick Balkany, décidée par la cour d’appel de Paris « pour des raisons de santé » l’a mis hors de lui. Il nous explique pourquoi. 


Vous vous exprimez rarement….


Effectivement, je suis plutôt quelqu’un de discret. Hier (NDLR : le 12 février), j’étais en tournage, quand j’ai appris la libération de Patrick Balkany. Ca m’a mis en colère. J’ai pensé à tous ces détenus malades, pour certains dans des états très graves, que je croise depuis 13 ans et qui restent incarcérés. J’ai honte pour mon pays, il y a vraiment deux justices, une pour les riches et l’autre pour les pauvres. 


Avez-vous été surpris de la libération de Patrick Balkany ? 


Je ne pensais pas que la justice le libérerait de prison, même si une partie de moi s’y attendait un peu. Je me disais tout de même qu’il allait être gardé surtout après tout ce qu’il a fait. Il a un lourd dossier ! Et puis, en vrai, je ne suis pas surpris. Rien ne change. Il est très ami avec des politiques de premier rang. Faut pas croire, mais même de différents bords, les politiques se serrent les coudes entre eux. Ça peut servir quand l’un d’entre eux est rattrapé par la justice…


La semaine prochaine, vous retournez voir les détenus de Poissy….


Oui. Je ne sais pas ce que je vais pouvoir leur dire. J’essaie à chaque fois de leur dire qu’il faut croire en la justice. À Poissy, comme dans toutes les autres prisons, les détenus malades font des demandes de libération. Les réponses sont toujours extrêmement longues à arriver.  Balkany, lui, en 5 mois, ça a été réglé. Quand on a du fric et le réseau, ça aide. Ses avocats ont bien travaillé…


Selon vous, il aurait dû rester en prison….


Il s’agit juste d’être équitable, d’être juste. Personnellement, je ne suis pas un fan inconditionnel de la prison. Mais sa libération envoie un message dangereux. Je suis désolé mais quand un détenu est malade, on le soigne, on ne libère pas automatiquement. Les prisons travaillent avec des hôpitaux. Apparemment, M. Balkany avait mal au dos et souffrait de déprime. Quand tu es enfermé dans une cellule, on déprime Oui ! Je ne crois pas qu’il était sur son lit de mort. Il n’y aura pas de nécrologie de l’ancien maire de Levallois sur BFM demain ! Croyez-moi : il y a des gens bien plus malades que M. Balkany en prison et qui ne sortent pas. J’en ai vu certains qui étaient sur leur lit de mort et qui n’obtenaient pas de libération pour autant.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.