Les autorités ferment plusieurs églises

 Les autorités ferment plusieurs églises

Illustration – Basilique Notre-Dame d’Afrique.


Rien ne va plus pour les chrétiens d'Algérie. Plusieurs de leurs lieux de culte ont récemment été fermés par les autorités algériennes, selon un communiqué rendu public par l'église protestante d'Algérie (EPA), ce mercredi 16 octobre.


"Une fois encore les chrétiens d'Algérie sont la cible de tracasseries officielles aussi illégales qu'injustifiées. Sans décision de justice, les autorités ont procédé à la fermeture d'une douzaine d'églises. Dernières en date, 3 églises ont été scellées par les forces de l'ordre ce mardi 15 et mercredi 16 octobre, en usant de violences contre les fidèles qui étaient en prière. La liberté de culte, pourtant garantie par la Constitution, est violée dans les faits", dénonce vivement le pasteur Salah Chalah, président de l'EPA.


Lucide, Salah Chalah voit dans ces fermetures arbitraires une tentative des autorités algériennes pour "susciter des troubles parmi la population plus unie que jamais pour construire l'Algérie plurielle, l'Algérie de l'égale citoyenneté pour tous qui va consacrer les libertés, les droits de l'homme et le respect mutuel de nos différences".


A Béjaïa, ce sont 5 lieux de culte qui ont été fermés, à Aït Melikeche, Akbou, Riquet, Ighram et Ighzer Amokrane. À Tizi Ouzou, autre capitale kabyle, 6 lieux ont été mis sous scellé. Des vidéos qui tournent sur les réseaux sociaux montrent des gendarmes et policiers usant de la force pour déloger les fidèles chrétiens.


Dans ce climat grave, l'église protestante d'Algérie appelle les "autorités à annuler cette décision arbitraire qui risque de porter atteinte à la cohésion nationale". Elle tient également à "exprimer sa sincère gratitude à l'ensemble de nos concitoyens qui dans la diversité de leurs croyances religieuses et de leurs convictions politiques ont spontanément exprimé une solidarité fraternelle à l'égard des chrétiens, cibles de tracasseries discriminatoires".

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.