Boxe : Retour au sommet pour Oualid Belouara après une grave blessure

 Boxe : Retour au sommet pour Oualid Belouara après une grave blessure

Le natif de Roubaix remonte sur le ring à Gravelines face à Remy Nguema en finale de la Coupe de Ligue professionnelle. David Cholewa/LCDA


Il y a quelques mois, après une blessure grave à son tendon d’Achille gauche, Oualid Belouara, boxeur professionnel de 29 ans, a pensé mettre un terme à sa carrière. Ce natif de Roubaix a une longue carrière de boxeur amateur derrière lui puisqu’il a disputé près de 150 combats. Il a été plusieurs fois Champion de France. Ce vendredi 27 septembre à 18h, il affronte à Gravelines dans les Hauts de France Remy Nguema en finale de la Coupe de Ligue professionnelle dans la catégorie des légers (- 61,2 kg). Une victoire qui le propulserait au 3e rang national.


 


Vous revenez de loin…


Effectivement. Me voici à la veille de disputer la finale de la coupe de la Ligue professionnelle ! Il y a six mois, j’étais loin d’imaginer être en mesure de disputer un tel combat. J’ai été blessé 1 an et demi, une rupture du tendon d’Achille m’a éloigné des rings. Un an et demi d’absence pour un sportif de haut niveau, c’est très long. Pour être honnête, j’ai même pensé arrêter définitivement la compétition. J'ai eu pas mal de pépins dans ma carrière, des ennuis physiques qui m’ont empêché de me qualifier aux Jeux olympiques en 2012 et en 2016. La boxe est un sport difficile qui demande beaucoup d’investissement et après cette énième blessure, il y a quelques mois, j’ai voulu tout arrêter. Et puis, j’ai continué. Pour mes enfants. Je ne voulais pas qu’ils aient l’exemple de leur père qui baisse les bras.


 


Et ce vendredi, vous êtes en finale de la Coupe de la Ligue…


Oui. Et je me sens bien, en très grande forme. J’ai eu la chance pendant ma convalescence d’être bien entouré. Les médecins d’abord, les kinés ont fait un super boulot, mon coach Eric Tormos, toujours là à mes côtés, dans les bons et mauvais moments et tous mes amis boxeurs qui m’ont aidé à bien me préparer. Je n’ai pas pris de vacances cette année et depuis juillet, je m’entraîne à fond, quasiment tous les jours. Si je gagne demain, ça sera aussi grâce à eux tous.


 


Pour la première fois, vous allez disputer un combat en 10 rounds…


Oui. Je n’ai jamais dépassé les 6 rounds. On s’est bien préparés pour cette échéance en mettant toutes les chances de notre côté. Plus de foncier pour pouvoir tenir la distance. Finalement, c’est comme courir un marathon, il va falloir gérer le combat, ne pas partir trop vite. La boxe de haut niveau, c’est 80 % de mental. J’ai hâte d’en découdre. Je suis prêt pour ce challenge. J’aime la compétition. Je l’ai toujours aimée.


 


Vous boxez depuis toujours…


(Sourire) Oui, depuis tout petit, depuis l’âge de 7 ans ! D’abord dans mon club de Roubaix où j’ai appris les fondamentaux. Puis, j’ai gagné des titres nationaux et j’ai alors été sélectionné en équipe de France. C’est à cette période, à partir de 2007 qu’il a fallu que je vienne vivre et m’entraîner à Paris. Je suis au club de boxe du Red Star Saint-Ouen depuis ce temps et j’y suis très heureux.


 


Quelle est la suite si vous gagnez ce vendredi ?


J'espère devenir numéro français l’année prochaine dans ma catégorie. Je vais me battre pour pouvoir briguer une ceinture mondiale dans 3 ans. Ce n’est pas évident parce que j’ai aussi un métier, je suis coach sportif, et une vie de famille, deux beaux garçons. J’ai la chance d’avoir épousé une femme merveilleuse, ouverte au sport et qui comprend très bien la dureté de mon sport. Elle sait que sans tous ces sacrifices, on ne devient pas un champion.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.