BDS demande à Lisa Simone de ne pas aller chanter à Tel Aviv

 BDS demande à Lisa Simone de ne pas aller chanter à Tel Aviv

les 9 et 11 novembre prochains.


Pour l'instant, Lisa Simone, la fille de feu Nina Simone, immense chanteuse américaine avec plus de 50 albums à son actif, engagée fortement dans le mouvement de défense des droits civiques, n'a toujours pas réagi à la demande de BDS France qui l'implore dans une lettre de ne pas aller chanter à Tel Aviv, les 9 et 11 novembre prochains.  


S’inspirant de la lutte anti-apartheid d’Afrique du Sud dans les années 1980, le mouvement BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions) est né en 2005. Une centaine d'associations palestiniennes avaient alors lancé un appel international à la solidarité, par le boycott d’Israël, jusqu’à ce que cet Etat honore son obligation de reconnaître le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination et qu'il respecte entièrement les préceptes du droit international. 

BDS s'est depuis propagé aux quatre coins du globe.


"Chère Lisa Simone, tout au long de votre discographie vous évoquez avec beaucoup de tendresse le souvenir de feu Nina Simone, votre maman. Le documentaire What happened, miss Simone ? nous a rappelé quel a été son engagement au côté des Black Panthers, face à la ségrégation des citoyens noirs dans la société américaine et pour les indépendances en Afrique", ainsi débute la lettre.

"C’est au nom de cette mémoire et de cet héritage culturel, politique et historique, que la campagne BDS France veut vous interpeller sur votre intention de vous produire en Israël, les 9 et 11 novembre prochains", continuent les membres de BDS France, lui remémorant que sa mère Nina Simone "reconnaissait l’importance du boycott, et le respectait comme outil de pression militant utile et légitime"


Les militants BDS rappellent ensuite à Lisa Simone les ravages de la politique d'occupation israélienne aussi bien en Cisjordanie occupée, qu'à Gaza. 

"Rien qu’en 2016, Israël a démoli ou confisqué 1093 bâtiments appartenant à des Palestiniens, laissant encore plusieurs milliers de Palestiniens sans domicile, près de la moitié d’entre eux étant des enfants", précisent les membres de BDS France. "Comme vous le savez, depuis 10 ans, Gaza est soumise à un blocus illégal israélien, où deux millions de Palestiniens vivent dans des conditions effroyables. Un rapport des Nations unies a déclaré le 16 mars dernier que "le poids des preuves confirme, au-delà de tout doute raisonnable, qu’Israël est coupable d’imposer un régime d’apartheid au peuple palestinien, ce qui correspond à la commission de crime contre l’humanité".


Avant de conclure : "Aujourd’hui, se produire en Israël c’est mépriser l’appel de la société civile palestinienne et cautionner l’apartheid israélien. Au nom de la solidarité, de la justice et de l’égalité, et au nom du peuple palestinien, nous vous demandons d’annuler vos concerts".


Nadir Dendoune


Une pétition a été mise en ligne :

https://www.thunderclap.it/projects/64016-lisa-simone-cancel-tel-aviv

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.