Législatives 92 : pas d’accord en vue entre Nasser Lajili de La France Insoumise et le PCF

 Législatives 92 : pas d’accord en vue entre Nasser Lajili de La France Insoumise et le PCF

Nasser Lajili


Habitués à faire liste commune au sein du Front de gauche, le PCF et le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon ne sont pas parvenus pour l'instant à trouver un accord national en vue des élections législatives qui auront lieu le 11 et le 18 juin prochain afin de présenter des candidatures communes.


Rappelons que le Parti communiste a soutenu Jean-Luc Mélenchon au premier tour de l'élection présidentielle. Dans la première circonscription des Hauts-de-Seine qui englobe les villes de Colombes, Gennevilliers et Villeneuve-la-Garenne, il y aura bien deux candidats de gauche aux programmes sensiblement identiques qui s'affronteront. Une division qui pourrait favoriser la réélection du candidat socialiste sortant Alexis Bachelay.


Nasser Lajili, militant associatif très impliqué dans les quartiers populaires et élu au conseil municipal de Gennevilliers sur une liste citoyenne vient d'être investi par La France Insoumise. Il affrontera donc Elsa Faucillon, conseillère départementale et candidate officielle du parti communiste. 


A Gennevilliers et à Villeneuve-la-Garenne, au premier tour de l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête (à Colombes, il est second derrière Emmanuel Macron). A Gennevilliers, il a même réalisé l'un de ses meilleurs scores au niveau national, avec 47% des suffrages exprimés. Rencontre avec Nasser Lajili, candidat de La France Insoumise…



LCDL : Vous venez d'être investi comme candidat de la France Insoumise. Est-ce-une surprise ?


Nasser Lajili : Non, ce n’est pas une surprise. J'en suis très heureux. Très fier et très honoré que l'équipe de Jean-Luc Mélenchon m'ait apporté leur confiance. Dès novembre, les membres de la France Insoumise de Gennevilliers ont proposé ma candidature. Après m’avoir entendu, le comité électoral national a décidé de m'investir. Elle a pris en compte mon parcours militant et associatif. Elle a aussi remarqué mon engagement immédiat et déterminé auprès de Jean Luc Mélenchon. Par ailleurs, à l'inverse du candidat communiste Patrice Leclerc, j’ai signé la charte de la France Insoumise. J’adhère à son programme « L’avenir en commun ». Ma candidature, indépendante des partis, a été aussi retenue parce qu’elle participe d’un regard neuf sur la politique et la démocratie.


Il y a donc déjà une candidate du Parti communiste à Gennevilliers qui a elle-même soutenu la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle. Votre candidature ne risque-t-elle pas de faire doublon ?


Depuis un an, le PCF a décidé seul  de présenter ses candidats aux législatives. Ce sont deux personnes, la candidate et son suppléant, issus du même parti. Je rappelle également que ces deux candidats du parti communiste sont déjà élus. La première est conseillère départementale des Hauts-de-Seine, le second est maire de Gennevilliers. Quid du cumul des mandats? Ce n’est pas ce que prône la France Insoumise qui souhaite le renouvellement des responsables. Et comme je l'ai dit plus haut, les candidats du PCF ont refusé de signer la charte de la France Insoumise. 


Tout de même, n'aurait – il pas été plus judicieux de trouver un accord ?


Comme dans d’autres circonscriptions, à Gennevilliers, le PCF n’a pas voulu discuter avec les autres forces d’une candidature commune. Ils ont même refusé la proposition qui leur avait été faite, celle de présenter un candidat titulaire communiste et d'avoir son suppléant issu des rangs de La France Insoumise ! Plus généralement, aucun accord n'a été trouvé au niveau national qui aurait permis de ne pas opposer nos candidats respectifs. Nous regrettons qu’il y ait eu ce blocage, mais nous n'en sommes pas responsables.


Comptez-vous prendre contact avec Elsa Faucillon et Patrice Leclerc ?


Je suis prêt à les rencontrer. Même si en tout état de cause, c'est aux responsables du PCF et de la France Insoumise de trouver une solution.  Bien entendu, je m'en remettrai  à leurs conclusions. 


Propos recueillis par Nadir Dendoune

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.