« Faire ce documentaire sur Frantz Fanon est presque un devoir pour moi », Hassane Mezine, réalisateur

 « Faire ce documentaire sur Frantz Fanon est presque un devoir pour moi », Hassane Mezine, réalisateur

Hassan Mezine sur la tombe de Frantz Fanon au cimetière des martyrs de Aïn Karma en Algérie. Photo : ©Jallal Tajine


C'est un super projet qu'Hassane Mezine tente de réaliser. Un documentaire sur Frantz Fanon, psychiatre et essayiste français, l'un des fondateurs du courant de pensée tiers-mondiste et auteur de deux livres incontournables : "Les damnés de la terre" et "Peau noire, masques blancs". Frantz Fanon fut également très impliqué dans la lutte pour l'indépendance de l'Algérie. 


Hassan Mezine a 44 ans. Il est photographe professionnel. En 2004, il participe au tournage du film "Algérie Tours/Détours" de Leila Morouche et Oriane Brun. Il y fait la rencontre du grand René Vautier, cinéaste français anticolonial. Cette expérience est un tournant professionnel pour lui. 



"Fanon hier, Fanon aujourd'hui : Regards croisés" est son premier documentaire. Il vient de lancer une campagne de financement. Hassane Mezine explique au Courrier de l’Atlas le pourquoi d'un tel film.



Pourquoi Hassane Mezine a eu besoin de faire un documentaire sur Frantz Fanon ?


Je suis Algérien mais également Français par les vicissitudes de l'histoire. J'ai toujours ressenti une grande proximité avec les luttes de libération que les peuples mènent depuis plusieurs décennies pour s'émanciper du joug et de la domination néocoloniale. Sous cet aspect, Frantz Fanon est essentiel. Il est un repère fondateur, immense acteur et théoricien fulgurant de ces luttes. Ce documentaire sur Frantz Fanon est un projet que je mûris depuis longtemps. C'est presque un devoir pour moi de faire un tel film. Parce que l'actualité française et internationale nous montre à quel point Frantz Fanon dans ses analyses est une référence majeure pour comprendre les réalités du monde actuel et ce plus de cinquante ans après les indépendances. 


De quoi parle ce film ?


J’ai voulu faire un film qui montre Fanon dans toute son humanité, dans toute sa complexité. Frantz Fanon est souvent iconifié, mais on ne sait pas grand chose de lui. Ainsi, le parti-pris du documentaire est de donner la parole à des personnes qui ont fréquenté Frantz Fanon de son vivant. Il est donc important à mon sens de faire découvrir les multiples facettes de l'homme, du psychiatre au militant. Ces personnes interviewées l'ont connu dans les différentes phases de sa vie. De l'Algérie, à la Tunisie, en passant par l'Algérie ou le Mali, ou encore l'Italie.


Vous avez lancé une campagne de crowfunding. Expliquez-nous votre démarche


Effectivement. Faire un film, cela a un coût. Surtout quand il est autoproduit. Surtout quand on aborde des thèmes qui peuvent ne pas plaire à certains. Le tournage du film a démarré début 2015. Nous sommes allés interviewer des gens en Algérie, en Tunisie et au Niger. La rencontre avec la fondation Frantz Fanon a été essentielle : sans elle, je n'aurais pas pu commencer la réalisation de ce documentaire. J'ai également investi des fonds personnels. Aujourd'hui, je sollicite la participation du public pour la dernière ligne droite.  Pour la post-production : l'achat d'images d'archives, le montage du documentaire, son étalonnage, le mixage, l'édition de DVD, etc.


Nadir Dendoune


Pour aider Hassane Mezine dans son projet, cliquez sur ce lien :


https://www.gofundme.com/FrantzFanonDocumentary

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.