L’Espace Grésillons de Gennevilliers, à l’heure des Chibanis

 L’Espace Grésillons de Gennevilliers, à l’heure des Chibanis

Chibanis du foyer « Adoma » des Grésillons à Gennevilliers. De gauche à droite : Mohamed


 


Ce samedi 1er octobre (14h-22h), l’Espace Grésillons de Gennevilliers se met à l’heure des Chibanis. Au programme, débats, concerts (avec Rasheed Daci), tables rondes, projection d’un documentaire. « Invisibles, laissés de côté, les Chibanis ont pourtant donné leur force de travail pour construire la France et combattu le fascisme durant les deux guerres mondiales. Leur sort est tout simplement indigne d’une démocratie », dénonce Nasser Lajili, l’un des initiateurs de cette journée et membre du Collectif des associations de solidarité avec les Chibanis de Gennevilliers.


 


Il faut dire que les Chibanis et Gennevilliers, c’est une longue histoire. Cette ville des Hauts-de-Seine concentre en effet plus de la moitié des foyers de travailleurs migrants du département, où les conditions de vie y sont précaires, comme c'est le cas dans les foyers de Grésillons (voir nos articles) ou dans celui de Brenu.


De nombreuses manifestations pour réclamer plus de droits ont eu lieu ces dernières années mais « pour l’instant, rien ne change », déplore Nasser Lajili. « Il faut donc continuer à mettre la pression », soutient le jeune homme, originaire de Gennevilliers et conseiller municipal d’opposition. 


« Les foyers ex-Sonacotra, aujourd’hui appelés Adoma, ont été et sont encore les cercueils où vivent les ressources mémorielles des Chibanis », continue Nasser Lajili. « Les pouvoirs publics ont lâchement abandonné les Chibanis : c’est pour cela que les associations ont un rôle important à jouer », précise encore Nasser. « Comment les accompagner vers un avenir meilleur sans misérabilisme ou récupération politicienne ? », se demande-t-il. 


Cette « riche » journée à l'Espace Grésillons, ouverte à tous, sera une bonne occasion d'essayer de répondre à cette question…


 


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.