« Les Colons », un documentaire incontournable

 « Les Colons », un documentaire incontournable


 


Ce film est une pépite et il faut s’attendre à des réactions très enflammées de la part des soutiens d’Israël après la diffusion, ce mardi 27 septembre sur Arte, du documentaire du réalisateur israélien Shimon Doton, « Les Colons ».


 


Le film montre à quel point « ce monstre d’un demi-million de personnes fait aujourd’hui obstacle à la paix », dixit Akiva Eldar, journaliste à Haaretz. A partir de 20h55, la chaîne franco-allemande propose ce fabuleux documentaire très pédagogique, nourri d’importantes et inédites images d’archives et qui donne la parole aussi bien aux pionniers du mouvement de colonisation, qu’aux colons actuels, religieux ou laïcs.


Divisé en deux parties de 50 minutes, le film retrace pas à pas l’entreprise criminelle de l’Etat d’Israël depuis 1967, depuis le jour où le premier colon s’est installé en Cisjordanie. Près de 50 ans plus tard, le résultat est effroyable pour les Palestiniens : ce sont un peu plus de 400 000 colons (sans compter Jérusalem-Est avec ses 200 000 colons) qui vivent illégalement en Cisjordanie, avec la bénédiction de tous les gouvernements israéliens qui se sont succédé jusqu'à aujourd'hui, répartis dans 225 colonies, au milieu de 2,7 millions de Palestiniens.


Le film a pour mérite de se concentrer, non pas sur les répercussions de la colonisation auprès de la population palestinienne, un sujet hautement traité, mais sur les raisons qui ont mené à l’implantation de toutes ces colonies, ainsi que de leurs justifications, d'abord religieuses, puis économiques.


Un documentaire qui fait froid dans le dos et qui ne laisse rien présager de bon pour l’avenir de la Palestine. A ne pas louper.


Nadir Dendoune


 


 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.