10949 femmes rend hommage à Nassima Hablal héroïne oubliée de la guerre d’Algérie

 10949 femmes rend hommage à Nassima Hablal héroïne oubliée de la guerre d’Algérie

Nassima Hablal


 


10949 Femmes est un chef-d'œuvre parce qu'on rit autant qu'on pleure. Pendant 7 ans, entre 2006 et 2013, la réalisatrice Nassima Guessoum a fait des allers-retours entre Saint-Denis et Alger pour aller filmer une autre Nassima.


10949 femmes ont combattu pour la libération de l’Algérie, selon les chiffres donnés par l’Organisation Nationale des Moudjahidines. Nassima Hablal est l'une d'elles. Elle fait partie de ces nombreuses héroïnes ordinaires de la guerre d’Algérie si souvent oubliées.


Elle est pourtant une des première femmes militantes algériennes. Secrétaire au gouvernement général, elle a une double vie: militante très active au sein du PPA, Parti du Peuple Algérien, elle rejoint le FLN en 1954.


Nassima Hablab ramasse des cotisations auprès des familles aisées, relaie la presse du PPA et organise des activités culturelles patriotiques. Elle distribue également des tracts qu’elle imprime toute seule chez elle.  


Des actions moins spectaculaires, donc moins connues, que celles des héroïnes habituelles mais qui ont été essentielles à la libération de l'Algérie. Plusieurs fois torturée, condamnée à cinq ans de prison pour atteinte à la sûreté de l’État, emprisonnée en France, elle revient à Alger après l’indépendance. 


En 2006, les deux Nassima se rencontrent. La Moudjahida vit désormais seule à Alger avec son fils unique Youssef dans une belle maison qu'elle ne prend plus le temps, à 80 ans, d'entretenir.


Nassima Hablal nous parle de son immense parcours avec un tel détachement, une telle modestie. Pour elle, mettre sa vie et son corps au service de la lutte contre l'oppression coloniale vécue au quotidien est une évidence, une réaction humaine logique. Sa détermination et son héroïsme, elle a l'air d'être la dernière à en avoir conscience. 


Nassima Hablal tacle également au passage ces hommes qui ont profité de la Révolution et qui pour certains sont aujourd'hui encore au pouvoir. Car le film de Nassima Guessoum est hautement politique: il soulève la question des légitimités politiques et des gouvernements post-indépendance.


Nassima Guessoum nous fait profiter de la relation intime qu'elle a réussi à tisser avec cette grande dame, drôle et tellement attachante qu'on a envie de la serrer très fort dans nos bras quand elle finit par se livrer.


Nassima Hablal décédera le 14 mai 2013. Dans une indifférence quasi-générale. A voir absolument.


Nadir Dendoune


Le film est à l'affiche à l'espace Saint-Michel à Paris : le lundi, mardi 10 mai séance à 13H30, 16H45 et 20h 20. Le 18 mai à 20h, séance spéciale suivi d'un débat avec la réalisatrice. 

Pour la semaine suivante, consultez allociné.


Jusqu'à mardi 10 mai au Lyon cinéma Opéra à 19H05


Montpellier : le 10 mai à 16H00


Brest : a partir du 11 mai au cinéma les Studios


Angers : 17 mai à 20H00 soirée suivi d'un débat au cinéma les 400 coups


Pour la suite consultez allociné et la page facebook du film 



https://www.facebook.com/10949.Femmes

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.