Le conseil municipal de Toulouse vote un voeu condamnant le boycott d’Israël

 Le conseil municipal de Toulouse vote un voeu condamnant le boycott d’Israël


 


Il y a 5 ans, les supporters d’Israël ricanaient de mépris quand ils entendaient parler de BDS, cette campagne de boycott lancée en 2005 par une centaine d’organisations palestiniennes. 11 ans après, c’est la panique à bord. Ils ont tellement peur qu’ils mettent aujourd’hui la pression aux mairies.


 


Une pression qui a l’air de fonctionner pour l’instant. Après Paris le 17 février, c’est au tour de Toulouse d’avoir voté ce vendredi soir, aux alentours de 23h un vœu « condamnant le mouvement de boycott contre le pays d’Israël ».


Le vœu avait été présenté par le groupe « Toulouse ensemble », la droite locale.


Par ce vœu (symbolique, qui n’a aucune valeur juridique donc), la ville de Toulouse « condamne le boycott envers Israël, en particulier les activités du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions et ses activités à Toulouse ». Elle s’oppose également « à toutes les tentatives d’isoler Israël du concert des nations et réaffirme son attachement à la promotion d’une solution pacifique au conflit israélo-palestinien se manifestant par la coexistence paisible de deux Etats dans des frontières sûres et reconnues ». 


La ville de Toulouse s’engage également « à poursuivre et renforcer ses relations avec les villes israéliennes et palestiniennes dans tous les champs des politiques publiques municipales et appuie le refus d’accueillir dans les établissements publics ou subventionnés de la Ville de Toulouse des événements visant à promouvoir le boycott d’Israël ».


Bref, le même discours « bisounours » qu'on entend depuis 20 ans et qui n'a eu de cesse de renforcer l'Etat d'Israël dans ses projets de colonisation de la Palestine.


Notons également que la France est la seule démocratie au monde à criminaliser le boycott d'Israël. Une circulaire de l’ancienne ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, demande aux procureurs de poursuivre les militants BDS. 


Heureusement qu’au temps de l’apartheid en Afrique du Sud, les hommes politiques français avaient fini par faire preuve d’un peu plus de courage, sinon Nelson Mandela aurait fini ses jours en prison. De toute façon, la justice triomphe toujours et dans quelques années, on se souviendra que la ville de Toulouse, comme celle de Paris, a préféré être du côté du colonisateur…


 


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.