Pour Facebook la page raciste « Je n’aime pas l’islam » ne pose aucun problème

 Pour Facebook la page raciste « Je n’aime pas l’islam » ne pose aucun problème


 


Pour un petit bout de nichon qui dépasse, Facebook est sans pitié : il supprime la photo et vous empêche même d’utiliser son réseau social pendant quelques temps. Elle n’est pas toujours aussi impitoyable quand il s’agit de racisme ou d’incitation à la haine. Dernier exemple en date, la page « Je n’aime pas l’islam », qui existe depuis mai 2014 et qui est gérée par un certain… Majid Oukacha, 29 ans, un « ex-musulman » comme il aime se définir.


 


L’homme, sorti de l’islam à 19 ans, est  auteur d’un ouvrage « Il était une fois l’islam », paru en mai dernier chez Tatamis, une boite d’édition, spécialisée dans la publication de livres d'extrême droite. Un essai que l'«écrivain » !, c’est ainsi encore que se définit Majid Oukacha, a mis huit ans pour écrire, et qu’il présente avec modestie ! comme la « première étude critique et systémique des textes sacrées qui n’est ni manichéenne, ni moraliste ».


Un livre que nous n’avons pas lu (ni l’envie, ni le temps), que nous nous garderons donc de juger. Il suffit juste d’aller faire un tour sur sa page facebook pour comprendre à qui on a affaire. Depuis plus d’un an, Majid Oukacha diffuse en toute impunité des propos incitant clairement à la haine.  


Voici quelques exemples de phrases qu’on retrouve sur cette fameuse page. 



« Rejeter l’islam ce n’est pas du racisme ! l’islam n’a jamais été une race, mais une religion primitive ». Ou encore: « L’islam est une saloperie : la consanguinité musulmane aurait des impacts sur l’intelligence, la santé mentale et sur la société ». 


Jacques, un des abonnés, a une solution radicale pour qu'il n'y ait plus d'attentats en France : « pour chaque victime d’un musulman, on en exécute 10 ? C’était la méthode des nazis en 40-45 et les nazis sont les grands copains des musulmans alors où serait le problème ? », questionne-t-il. 


Le 15 novembre dernier, deux jours après les attentats de Paris, Majid Oukacha compare Mahomet… à Hitler. Plus loin, il aimerait que les gens demandent à leurs « députés d'interdire l'islam ». Martine souhaite que les Français s’arment. Pour elle, si ça avait été le cas, « il y aurait eu très peu de morts au Bataclan ». 


Kévinus demande à ce que « toutes les mosquées de France soient fermées ».  André va encore plus loin. Il souhaite que les musulmans soient « brûlés à l’acide ». Pour Marine, (rien à voir avec la présidente du FN) « il n'y a pas de musulmans modérés, il y a des musulmans tout court ».  « Tourne leur le dos, ils te poignarderont par derrière », affirme-t-elle. 


Maryse est d’accord avec Marine: « il n'y a pas de musulman modéré, ils lisent tous le même coran qui prône la mort de tous les mécréants ». Nicolas, lui, aimerait juste qu’on « bannissent cette religion de cette planète ». 


Signalée il y a quelques jours par de nombreux internautes, la page «Je n’aime pas l’islam » n'a toujours pas été supprimée. La réponse de Facebook : « Nous avons examiné la page que vous nous avez signalée comme contenant des propos ou des symboles haineux et avons déterminé qu’elle n’allait pas à l’encontre de nos standards de la communauté ».


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.