La militante de la cause algérienne Claudine Chaulet est morte

 La militante de la cause algérienne Claudine Chaulet est morte

Claudine Chaulet (C) et ses deux filles aux funérailles de son mari Pierre Chaulet décédé à l’âge de 82 ans


 


Claudine Chaulet (née Guillot) est morte. La militante de la cause algérienne  nous a quittés ce jeudi 29 octobre à Alger, trois ans après son compagnon, Pierre Chaulet, parti le 5 octobre 2012, à quelques jours du 1er novembre, date qui marque le début de la guerre d’Algérie. 


 


Née en en 1931 à Longeau en Haute-Marne, fille d’un officier de gendarmerie et d’une enseignante, Claudine Guillot arrive en Algérie en 1941 pour étudier. 



Le 21 décembre de la même année à Hydra, dans la banlieue cossue d'Alger, Claudine Guillot rencontre Pierre Chaulet, un médecin algérien d'origine française, résistant durant la guerre d'Algérie aux côtés du FLN. Un homme qui a effectué des opérations secrètes avec les combattants du FLN. 



"J’étais syndicaliste en essayant de défendre les intérêts des étudiants. J’avais compris que le 1er Novembre était un événement extraordinaire qui allait donner enfin un sens aux luttes. C’est donc tout naturellement que je me suis engagée aux côtés de Pierre…", déclara-t-elle quelques années plus tard. 



Son mari qui fut expulsé de France en pleine guerre d'Algérie, arrive à rejoindre sa femme Claudine et le FLN en Tunisie. Ils poursuivent leur combat pour une Algérie libre de Tunis. 



Après l'indépendance de l'Algérie, les deux reviennent en Algérie. Pierre rejoint l'hôpital Mustapha Pacha où il travaille en tant que médecin. Il contribue à l'éradication de la tuberculose en Algérie. Claudine devient elle professeure de sociologie à l'université d'Alger. Ils y resteront jusqu'à leur mort. Les deux écriront leurs mémoires : "Le choix de l'Algérie" : deux voix, une mémoire". Un livre puissant, sorti en 2012 aux éditions Barzakh.


Claudine Guillot sera inhumée, aujourd'hui 30 octobre, au cimetière chrétien d'El Madania à Alger. 


 


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.