Il y a un an le jeune palestinien Mohamed Abou Khdeir, 16 ans, était brûlé vif

 Il y a un an le jeune palestinien Mohamed Abou Khdeir, 16 ans, était brûlé vif

Mohamed Abou Khdeir


 


C'est un triste anniversaire. Il y a un an jour pour jour, le corps de Mohamed Abou Khdeir, un adolescent de 16 ans, habitant de Chouafat, un quartier de Jérusalem, était retrouvé entièrement calciné près d'une forêt dans la partie ouest de la ville.  


 


Mohamed Abou Khdeir avait été enlevé dans la nuit de mardi 1er au mercredi 2 juillet, aux alentours de 4h, alors qu'il attendait dans la rue pour aller prier. Selon plusieurs témoins, des jeunes gens l'ont forcé à monter dans leur voiture. Le corps de la victime est retrouvé une heure plus tard, dans une forêt de Jérusalem-Ouest, grâce à la géolocalisation de son téléphone. 



Il montre des blessures à la tête ainsi que des brûlures couvrant 90 % de son corps. L'autopsie, effectuée par des médecins israéliens, note la présence de fumée dans ses poumons. Ce qui prouve selon eux que Mohammad Abou Khdeir était encore en vie pendant qu'il brûlait. Al-Husseini, ministre palestinien chargé de Jérusalem déclare alors qu'il a « été brûlé de l'intérieur et de l'extérieur, car il a probablement été forcé à boire du carburant ».


L'assassinat est horrible. L'indignation est unanime, mais pour beaucoup la mort du jeune adolescent était prévisible. Il intervient quelques semaines après l'assassinat de trois jeunes étudiants israélien. Le 12 juin 2014, alors qu'ils faisaient de l'auto-stop en Cisjordanie Occupée, ils sont enlevés et tués peu après. Il faut attendre le 30 juin pour que leurs corps soient retrouvés. Comme pour l'assassinat du jeune Mohamed Abou Khdeir, les trois meurtres des jeunes israéliens suscitent une indignation générale. 



En marge de leur enterrement, un rassemblement d'extrême-droite a lieu. Près de deux-cents Israéliens prennent part à une "manifestation anti-arabe qui dégénère en chasse aux Arabes". L'heure de la vengeance a donc sonné. Des colons attaquent des propriétés palestiniennes en Cisjordanie Occupée.


A partir du 30 juin 2014, des groupes Facebook sont ouverts sous le slogan « Le peuple d'Israël demande vengeance ». L'un d'eux, qui met en valeur des selfies accompagnés de commentaires racistes et d'appel à la vengeance, regroupe plus de 35 000 membres….



Pour se venger donc, le 2 juillet, trois colons israéliens (Yosef Chaim Ben David 29 ans et deux mineurs de 16 ans, membres de sa famille) brûlent le corps de Mohamed Abou Khdeir. L'enquête progresse vite et le jeudi 17 juillet 2014, ils sont inculpés pour enlèvement et meurtre.


 


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.