Contrôles au faciès : l’Etat condamné pour la première fois

 Contrôles au faciès : l’Etat condamné pour la première fois

Une des treize personnes se plaignant de discriminations dans des contrôles de police « au faciès »


 


Une petite surprise mais une superbe nouvelle …Le jugement était attendu depuis près de trois mois et marque une première en France. La cour d’appel de Paris a condamné ce mercredi 24 juin l’Etat français pour « faute lourde » dans cinq cas de « contrôle au faciès », selon les avocats des plaignants. 


 


L’Etat s’est vu ordonner par la cour d’appel de Paris de verser 1 500 euros de dommages et intérêts dans chacun des cas, a précisé Me Félix de Belloy.



Déboutés en première instance en juillet 2013, treize personnes se plaignant de discriminations dans des contrôles de police « au faciès » avaient interjeté appel le 25 février 2015 pour demander réparation. Tous avaient décrit des contrôles abusifs, parfois associés à des palpations ou à des manques de respect comme le tutoiement ou des marques de familiarité.


Âgés de 18 à 35 ans, étudiants ou salariés et sans casier judiciaire, ces personnes ont fait l’objet de vérifications d’identité à répétition. Selon eux, ces contrôles se baseraient essentiellement sur des critères de race. « Leur caractéristique commune c’est leur origine ou leur couleur de peau » avait résumé un de leurs avocats, Me Slim Ben Achour, devant la première chambre de la cour d’appel de Paris.



Ils réclamaient la condamnation de l’Etat et 10 000 euros de dommages et intérêts chacun. Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, avait soutenu leur démarche, plaidant en faveur de contrôles d’identité plus encadrés et offrant des garanties contre les abus.

(Avec Afp) 


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.