Un délit de contrôle au faciès reconnu devant le tribunal de Bordeaux

 Un délit de contrôle au faciès reconnu devant le tribunal de Bordeaux

Des policiers contrôlent l’identité d’un groupe d’individus à la garde du Nord à Paris. FRED DUFOUR / AFP / 30 -11- 2012


 


L'affaire commence ce mardi 28 avril quand Ahmed A, un Egyptien d'une trentaine d'années est contrôlé dans le quartier de la gare à Bordeaux. Sans papiers, il est emmené au commissariat. L'homme est en situation irrégulière en France et sous le coup d'une ordonnance de quitter le territoire français depuis 2009. Son jugement est prévu le jeudi 30 avril devant le tribunal correctionnel de Bordeaux.


 


Avant que le procès ne démarre, la procédure va être annulée à la demande de l'avocate de la défense. Agissant dans le cadre de l'article 78-2 du code de procédure pénale, sur réquisition du procureur de la République autorisant des contrôles d'identité "aux fins de recherche et de poursuite d'infractions", "dans les lieux et pour une période de temps déterminés par ce magistrat", les policiers étaient pourtant sûrs de leur bon droit. 


Ce n'est pas l'avis de l'avocate d'Ahmed A., Me Ophélie Berrier qui dénonce un délit de faciès. "Il était en bleu de travail, rien ne justifiait ce contrôle au faciès", plaide-t-elle. "Il n'y a pas de flagrant délit de quoique ce soit, il n'y a pas d'atteinte à l'ordre public à prévenir et rien ne permet de supputer qu'il peut être l'auteur d'une quelconque infraction".



Pour le vice-procureur Thierry Pon, dans les lieux et temps définis par la réquisition "n'importe qui peut être contrôlé, il n'y a pas besoin de suspicion". Les juges en décident autrement et parlent de "contrôle discriminatoire". Ils annulent ce contrôle "entaché d'irrégularité ainsi que toute la procédure qui a suivi". 


Pour la première fois un délit de faciès a été reconnu par un tribunal et Ahmed A est remis en liberté….


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.