Marche blanche ce lundi pour Korotoume, assassinée par son mari

 Marche blanche ce lundi pour Korotoume, assassinée par son mari

Amel Matouk, conseillère municipale à Chevilly-Larue, chargée de la lutte contre les discriminations et les violences faites aux femmes. Photo : DR

Dans la nuit de mercredi 12 au jeudi 13 août, Korotoume Tandian, 30 ans a été poignardée par son mari à son domicile de Chevilly-Larue (Val-de-Marne). Malgré l’intervention des secours, la trentenaire a malheureusement succombé de ses blessures. 

 

Pour honorer sa mémoire, une marche blanche dans les rues de sa ville est organisée ce lundi 24 août à partir de 19h.

Cet horrible drame porte à 44 le nombre de féminicides recensés depuis le début de l’année, selon un décompte de l’Agence France Presse. En 2019, au moins 126 femmes ont été tuées par leur compagnon ou ex, soit une femme tous les trois jours en moyenne.

Amel Matouk est conseillère municipale à Chevilly-Larue, chargée de la lutte contre les discriminations et les violences faites aux femmes. Interview.

 

LCDL : La mort de Korotoume Tandian a provoqué de vives émotions à Chevilly-Larue…

Amel Matouk : Oui, il y a eu beaucoup de messages de compassion mais aussi de colère sur les réseaux sociaux. Nous vivons dans une commune relativement calme et cet assassinat nous a tous profondément attristés.

En accord avec la famille, pour honorer la mémoire de Korotoume et de toutes les autres victimes de violences conjugales, nous appelons ce lundi à une marche blanche. La famille souhaite que les participants soient habillés en blanc. En mémoire de toutes les victimes, il est du devoir de tous, femmes et hommes, de se sentir concernés et de se mobiliser. C’est une responsabilité collective de dire stop aux violences conjugales.

Il semblerait que Korotoume Tandian se soit rendue au commissariat pour se plaindre de la violence de son mari…

Oui. Selon nos informations, Korotoume aurait déposé plusieurs mains courantes et son mari aurait même été convoqué au commissariat. Cela ne l’a pas empêché d’assassiner sa femme. Et c’est là que nous devons nous interroger : « un tel drame aurait-il pu être évité ? ». « Y a-t-il eu des dysfonctionnements du côté de la police ? ».

 

Vous êtes nouvellement élue à Chevilly, en charge de lutter contre les violences conjugales. Quelles actions comptez-vous mener ? 

Il y a beaucoup d’associations à Chevilly-Larue. Il faut donc s’appuyer sur elles. Nous savons que nous réussirons que si nous sommes unis, et que si nous agissons collectivement. Nous soutiendrons toutes les actions qui vont dans le bon sens.

Par exemple, l’association « main dans la main » avait prévu en mars dernier un grand débat sur la parentalité, les violences interfamiliales et le sort des enfants. Il aura lieu en septembre.

Nous avons aussi conscience qu’il faut impérativement éduquer les plus jeunes. Nous allons donc réfléchir à comment sensibiliser efficacement les élèves de la ville aux violences conjugales. Le chantier est énorme mais l’heure est trop grave.

La mort de Korotoume Tandian est la preuve qu’un tel drame peut arriver n’importe où et toucher n’importe quelle femme.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.