La quatrième édition du festival Hallnaywood a tenu toutes ses promesses

 La quatrième édition du festival Hallnaywood a tenu toutes ses promesses

Quatrième édition du festival Hallnaywood – Samedi 3 octobre 2020, au théâtre cinéma Jacques Prévert d’Aulnay-sous-Bois. Crédit Photo : Zahra Oukaci

Après trois premières éditions réussies, le festival de court-métrage « Hallnaywood » s’est tenu une nouvelle fois ce samedi 3 octobre au théâtre cinéma Jacques Prévert d’Aulnay-sous-Bois (93). Malgré la crise du Covid-19, le public a répondu présent, et cette quatrième édition organisée par l’association Keep Smile a respecté toutes ses promesses. « Je veille sur toi » de Janek Tarkowski  a remporté le prix du meilleur film. 

 

Crise sanitaire oblige, c’était une édition un peu particulière où des règles très strictes avaient été imposées par les responsables du cinéma. « Dans ce contexte difficile, nous ne pensions pas pouvoir mettre en place ce festival », explique, soulagé, Djamal Soifeini l’un des co-fondateurs de  « Hallnaywood ». « Même si nous avons quelque peu perdu en convivialité, avec la non-possibilité de proposer un buffet ou de tenir le bar, le public était au rendez-vous ».

Cette année, les organisateurs du festival ont reçu 180 films. « Ces films ont été regardés par un comité de sélection composé de membres de notre association ainsi que d’habitants cinéphiles d’Aulnay-sous-Bois. 23 films ont été sélectionnés dont 2, hors compétition », détaille Djamal Soifeini.

Le festival s’est entouré d’un jury de prestige présidé par la productrice française Laurence Lascary. La journaliste Nadiya Lazzouni, l’humoriste Younes Depardieu, l’acteur Steve Tientcheu, le producteur Christophe Barral et Stéphane Lemaitre, agent artistique, complètent ce jury.

Les membres du jury du festival Hallnaywood, tenu ce samedi 3 octobre 2020, au théâtre cinéma Jacques Prévert d’Aulnay-sous-Bois.
Les membres du jury du festival Hallnaywood, tenu ce samedi 3 octobre 2020, au théâtre cinéma Jacques Prévert d’Aulnay-sous-Bois. Crédit Photo : Zahra Oukaci

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Lors de la cérémonie de remise des prix, quatre différentes catégories de films ont été distinguées : le meilleur film, le meilleur film « très très-court » (moins de 5 minutes), le coup de cœur du jury et le prix du public.

Laurence Lascary a tenu d’abord à rappeler à l’ensemble des participants que le jury avait eu la « chance cette année de voir de très beaux films avec une belle diversité ». « Les choix n’ont pas été simples à faire », a-t-elle ajouté. « Pour le prix du meilleur film, nous avons décidé de récompenser un court-métrage qui résonne avec l’actualité récente, qui traite de ces personnes oubliées, surtout en ces temps de Covid », a précisé Laurence Lascary.

Le prix du meilleur film est ainsi revenu à Janek Tarkowski pour « Je veille sur toi », l’histoire de Nicolas, un retraité très attaché à son indépendance, qui perd son autonomie suite à un accident.

« LA K-Z » d’Enricka MH décroche le coup de cœur du jury. Un sublime court métrage qui va à l’encontre des clichés, où Moussa, jeune boxeur, fait tout pour séduire Sanaa, qui vient d’emménager dans sa cité.

« Pour le meilleur film très très court, nous avons procédé par élimination », explique Christophe Barral, membre du jury. « Sur les six films en compétition, trois ont retenu notre attention et il a fallu plusieurs longues minutes de discussion pour trancher ». 

Et c’est « Amphi B7 » de Mehdi Toulmout, un film de 4mn51, tourné à Saint-Denis (93) avec un « budget de 68 euros », dixit le réalisateur qui l’emporte. Le court-métrage dénonce avec décision les injustices qui existent au sein des universités.

Restait à remettre le prix du public. « 350 personnes ont pris part au vote », lâche fièrement Larif Mze, le président de l’association Keep Smile. Un prix qui revient au film « Pas les daronnes ». « C’est une première expérience pour nous. On a écrit ce film pendant le confinement, on avait zéro moyen. C’est pas un chef-d’œuvre mais pour notre premier court-métrage, on en est content », s’est félicité Nadir Lamarri, l’un des réalisateurs.

« D’année en année, le festival gagne en notoriété. Nous avons élargi notre réseau de partenaires et de plus en plus de bénévoles nous rejoignent », se félicite Djamal Soifeini.

En plus du trophée, chaque lauréat remporte une formation cinéma d’une valeur de 7 000 euros. La classe…

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.