Financement du RSA : l’Etat vient soulager la Seine-Saint-Denis

 Financement du RSA : l’Etat vient soulager la Seine-Saint-Denis

Le Premier ministre Jean Castex annonce la renationalisation partielle du financement du RSA, en Seine-Saint-Denis, mercredi 22 septembre 2021 à Bobigny. Nicolas Portnoi / Hans Lucas / AFP

C’est une bonne nouvelle et un soulagement pour la Seine-Saint-Denis. Ce mardi 21 septembre, le Premier ministre Jean Castex a confirmé la renationalisation partielle du financement du revenu de solidarité active (RSA) en Seine-Saint-Denis à partir de 2022.

 

Déjà appliqué dans les territoires d’outre-mer (Mayotte, Guyane, Réunion), ce dispositif sera expérimenté pour une durée de 5 ans. Il vise à soulager les finances du département le plus pauvre de France, afin de lui permettre d’améliorer l’accompagnement des allocataires.

« Avec la renationalisation du financement du RSA, nous réparons enfin cette injustice pour la Seine-Saint-Denis qui nous faisait payer une partie toujours plus grande de cette allocation de solidarité nationale à la place de l’Etat », s’est réjoui le président PS du conseil départemental, Stéphane Troussel.

Depuis 2004, la gestion du RMI, devenu RSA, a été transférée au département. Sauf que la compensation de l’État n’a pas suivi l’inflation des dépenses d’indemnisation, tout particulièrement dans le 93.

Selon la collectivité locale dirigée par le socialiste Stéphane Troussel, le reste à charge pour la collectivité, une fois versée la compensation de l’État, a bondi de 120 % de 2012 à 2020, passant de 100 millions à 220 millions d’euros, en raison de l’augmentation du nombre d’allocataires.

La dépense de RSA en Seine-Saint-Denis a atteint 551 millions d’euros – dont 330 millions financés par l’État – au total en 2020, soit une progression de 54 % par rapport à 2012. La crise sanitaire n’a évidemment rien arrangé, avec une progression de 6 % rien que sur 2020, soit 30 millions d’euros.

Après un accord trouvé avec le conseil départemental, l’État s’engage à prendre en charge toutes les dépenses au-delà d’un budget RSA fixé à 520 millions d’euros, en plus de ce qu’il mettait déjà sur la table. Dès 2022, celui-ci pourrait ainsi devoir verser entre 50 et 70 millions d’euros supplémentaires à la Seine-Saint-Denis.

En échange, le département s’engage à augmenter ses efforts financiers pour mieux accompagner les allocataires du RSA vers la reprise d’emploi. Le département promet d’augmenter ses dépenses d’insertion de 5 à 10 % des crédits alloués aux allocations. L’effort en faveur de l’accompagnement devrait ainsi passer de 23 à 46 millions d’euros d’ici 2023.

La Seine-Saint-Denis compte actuellement 90 000 allocataires du RSA, soit 6 % de sa population, dont 44 % le sont depuis plus de 5 ans, selon Jean Castex. Le taux de pauvreté du département atteint 28,6 %, le double de la moyenne nationale …

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.