Festival Ciné-Palestine 2022 : Focus sur le féminisme dans les pays arabes

 Festival Ciné-Palestine 2022 : Focus sur le féminisme dans les pays arabes

Une image du documentaire As I want, de la réalisatrice palestinienne Samaher Alqadi.

Hier soir, le 26 mai, avait lieu au cinéma Le Luminor à Paris, dans une salle pleine, la soirée d’ouverture de la 8e édition du Festival Ciné-Palestine. Et hier soir, on a vu As I Want, de la réalisatrice palestinienne Samaher Alqadi. Un film sur le quotidien des femmes égyptiennes.

 

Harcelées dans la rue, agressées, violées, les vies des femmes égyptiennes est un véritable Enfer. Même quand on est au courant de ce qu’elles subissent, c’est toujours douloureux de voir toute cette oppression à l’écran.

Le documentaire commence au Caire le 25 janvier 2013, jour anniversaire de la révolution égyptienne. Deux ans auparavant, après 17 jours de révolte, le président égyptien Hosni Moubarak est sommé de quitter le pouvoir.

Des milliers de femmes descendent alors dans la rue, la colère au ventre. Plusieurs agressions sexuelles ont alors lieu sur la place Tahrir, épicentre et lieu emblématique de la révolution, dans une indifférence quasi générale.

Deux ans plus tard, malgré le danger, les femmes descendent de nouveau dans les rues. Pour réclamer les mêmes droits. Une manifestation qui sera la première d’une longue série.

La mobilisation est énorme : des femmes de tous les milieux sociaux – classe moyenne, riches, pauvres, voilées, non voilées, de tous les âges – marchent pendant des heures entre la mosquée Sayyeda Zeinab – qui porte le nom d’une femme – et la place Tahrir.

La réalisatrice palestinienne Samaher Alqadi qui vit alors au Caire sort alors de chez elle avec une caméra et décide de filmer. Elle filme les femmes pour entendre ce qu’elles ont à dire. Elle interpelle les hommes pour leur demander des comptes. Samaher Alqadi leur tient tête en les mettant face à leurs responsabilités.

Samaher Alqadi veut surtout savoir comment l’Égypte en est arrivé là. Comment, alors que des hommes descendent dans la rue pour réclamer la liberté, ils décident d’en priver d’autres, les femmes, la moitié de l’humanité, en les agressant ?

Le festival Ciné-Palestine, avec un focus particulier sur le féminisme dans les pays arabes, jusqu’au au 5 juin à Paris (renseignements sur la page Facebook du festival) et à Marseille du 7 au 9 juin.

Festival Ciné-Palestine 2022 : Focus sur le féminisme dans les pays arabes

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.