En soutien à la Palestine, Barcelone suspend son jumelage avec Tel Aviv

 En soutien à la Palestine, Barcelone suspend son jumelage avec Tel Aviv

Ada Colau, maire depuis 2015 de Barcelone a décidé de suspendre ses relations institutionnelles avec Israël. JORGE GUERRERO / AFP

La ville espagnole de Barcelone suspend ponctuellement ses relations institutionnelles avec Israël et notamment son jumelage avec Tel Aviv, « jusqu’à ce que les autorités mettent fin à la violation systématique des droits de l’homme de la population palestinienne », a annoncé sa maire de gauche Ada Colau.

Dans une lettre adressée au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, l’édile explique sa décision, surtout symbolique, de suspendre temporairement ce jumelage entre les deux villes méditerranéennes, comme le réclamaient dans une pétition plusieurs groupes pro-palestiniens barcelonais.

« J’ai décidé de suspendre temporairement les relations avec l’État d’Israël et avec les institutions officielles de cet État et, notamment, les accords de jumelage avec la municipalité de Tel Aviv, jusqu’à ce que les autorités israéliennes mettent fin à la violation systématique des droits de l’Homme de la population palestinienne », écrit cette ancienne militante pour le droit au logement qui est maire de la capitale catalane depuis 2015. « Il est très important de distinguer les politiques d’un État – dans le cas présent, Israël – de l’ensemble de la population juive et de sa culture », précise Ada Colau dans sa missive.

Barcelone est jumelée avec Tel Aviv et Gaza depuis la signature d’un accord d’amitié et de collaboration en 1998. « Nous espérons que cette suspension sera temporaire parce que ce que nous voulons, c’est inviter à la réflexion et à l’action », a déclaré Ada Colau lors d’un discours mercredi soir à Barcelone.

Elle a également ajouté que Barcelone avait récemment interrompu son jumelage avec la ville russe de Saint-Pétersbourg, après le début de la guerre en Ukraine. La Fédération des communautés juives d’Espagne (FCJE) a qualifié cette décision d’« antisémitisme sophistiqué » et déploré qu’elle ne « représente ni sur la forme ni sur le fond ce qu’est Barcelone et qui sont ses citoyens ».

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.