Il y a un an la journaliste Shireen Abu Akleh était tuée d’une balle dans la tête par l’armée israélienne

 Il y a un an la journaliste Shireen Abu Akleh était tuée d’une balle dans la tête par l’armée israélienne

Des photos de la journaliste d’Al Jazeera Shireen Abu Akleh sont affichées à l’intérieur du bureau de la chaîne d’information dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 9 mai 2023. Un an après qu’une balle israélienne a tué Shireen Abu Akleh, son bureau en Cisjordanie n’a pratiquement pas été touché, mais les fleurs de deuil se sont accumulées dans une pièce adjacente. AHMAD GHARABLI / AFP

C’était il y a un an. Le 11 mai 2022, la journaliste d’Al-Jazeera Shireen Abu Akleh, une des plus populaires du monde arabe, était tuée par l’armée israélienne. (Voir nos éditions)

Alors qu’elle couvrait des affrontements dans le secteur de Jénine en Cisjordanie occupée, elle recevait une balle dans la tête. Pour ses proches, il ne faisait aucun doute à l’époque : Shireen Abu Akleh avait été abattue « de sang-froid ».

Sa mort avait déclenché une vive émotion dans tout le monde arabe. Après la mort de Yasser Arafat en 2004, les funérailles de la journaliste palestinienne avaient été les plus importantes qu’a connues la Palestine. Un an après sa mort, personne n’a été inculpé ou tenu responsable pour la mort de la journaliste, regrettent ses proches.

« Cette année, nous avons traversé plusieurs phases, vécu plusieurs expériences et relevé plusieurs défis pour tenter d’obtenir justice pour Shireen », avait expliqué, dépité, Anton Abu Akleh lors d’une cérémonie en hommage à sa sœur à Ramallah mardi 9 mai.

« Le meurtre de Shireen Abu Akleh et l’échec du processus d’investigation de l’armée israélienne de tenir quelqu’un pour responsable n’est pas un cas isolé », a déploré de son côté Robert Mahoney, un des directeurs du Comité pour la protection des journalistes (CPJ), une association indépendante basé aux Etats-Unis.

En décembre dernier, Rodney Dixon, l’avocat mandaté par Al Jazeera, avait estimé pour sa part qu’il y avait une « tentative de dissimulation complète » des circonstances du décès de la journaliste. Sa mort procède « d’une campagne systématique et à grande échelle » d’Israël contre Al Jazeera, avait-il aussi affirmé, faisant référence à la destruction de l’immeuble qui abritait le bureau de la chaîne à Gaza lors d’un bombardement israélien en 2021.

Ce jeudi, les premières pierres du futur musée « Shireen Abu Akleh » ont été posées à Ramallah, sur un terrain mis à disposition par la municipalité.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.