L’ONU vote à une écrasante majorité une résolution exigeant la fin de l’occupation de la Palestine par Israël

 L’ONU vote à une écrasante majorité une résolution exigeant la fin de l’occupation de la Palestine par Israël

Résultat final d’un vote lors de la session d’urgence sur les conséquences juridiques des actions d’Israël dans les territoires palestiniens affiché au siège de l’ONU, le 18 septembre 2024 à New York. Le texte se fonde sur un avis consultatif de la Cour internationale de justice qualifiant d’« illégale » l’occupation israélienne depuis 1967. (Photo by Bryan R. SMITH / AFP)

C’est historique ! L’Assemblée générale de l’ONU a réclamé mercredi 18 septembre la fin de l’occupation israélienne des territoires palestiniens dans les «12 mois» et appelé à des sanctions contre Israël, une résolution (pourtant) non contraignante mais déjà fustigée par les Israéliens.

 

La résolution, débattue depuis mardi par les 193 États membres de l’ONU, fait suite à l’opinion de la Cour internationale de justice qui, en juillet, se penchant sur l’occupation israélienne depuis 1967 à la demande de l’Assemblée générale, avait estimé que « la présence continue d’Israël dans le Territoire palestinien occupé est illicite » et qu’Israël est « dans l’obligation (d’y) mettre fin (…) dans les plus brefs délais ».

Le texte, adopté par 124 voix pour, 14 contre – dont Israël et les Etats-Unis – et 43 abstentions, « exige » qu’Israël « mette fin sans délai à sa présence illicite » dans les territoires palestiniens et que ce soit fait « au plus tard 12 mois après l’adoption de cette résolution ». Le premier projet de texte donnait seulement 6 mois de délai.

La résolution réclame également le retrait des forces israéliennes des territoires palestiniens, l’arrêt des nouvelles colonies, la restitution des terres et des propriétés saisies ou encore la possibilité de retour des Palestiniens déplacés.

Elle appelle aussi les États membres à prendre des mesures pour mettre fin aux importations venant des colonies et à la fourniture d’armes à Israël s’il y a des motifs « raisonnables » de penser qu’elles pourraient être utilisés dans les territoires palestiniens. Et aussi à prendre des sanctions contre les personnes participant « au maintien de la présence illicite d’Israël » dans les territoires occupés.

A la tribune de l’Assemblée mardi, l’ambassadeur palestinien à l’ONU, Riyad Mansour, avait appelé les Etats membres à « choisir le bon côté de l’histoire » en soutenant cette résolution, la première présentée au nom de l’Etat observateur de Palestine grâce à un droit tout récemment gagné.

« Combien de Palestiniens doivent encore être tués avant qu’un changement se produire enfin pour stopper cette inhumanité ? », avait-il lancé quelques jours avant la réunion annuelle de haut niveau de l’Assemblée générale, où la guerre à Gaza devrait dominer les discussions des dizaines de chefs d’Etat et de gouvernement attendus.

Alors que le Conseil de sécurité est largement paralysé sur ce dossier en raison de l’utilisation répétée par les Etats-Unis de leur droit de veto pour protéger leur allié israélien, l’Assemblée générale se prononce régulièrement en faveur des Palestiniens.

En mai, l’assemblée avait par exemple apporté un soutien massif mais symbolique (143 voix pour, 9 contre, 25 abstentions) à l’adhésion pleine et entière des Palestiniens à l’ONU, bloquée par les Etats-Unis.

Même si les résolutions de l’Assemblée générale ne sont pas contraignantes, Israël a fustigé le nouveau texte adopté mercredi. « C’est une décision honteuse qui soutient le terrorisme diplomatique de l’Autorité palestinienne », a déclaré l’ambassadeur israélien à l’ONU Danny Danon dans un communiqué juste après le vote.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.