Gaza. Une plainte déposée pour complicité de génocide contre des citoyens français

 Gaza. Une plainte déposée pour complicité de génocide contre des citoyens français

Gaza- JACK GUEZ / AFP

« C’est une action judiciaire essentielle pour rappeler que le droit ne peut rester silencieux face à de telles atrocités », affirme l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP). L’organisation, accompagnée d’une victime franco-palestinienne, a déposé une plainte avec constitution de partie civile visant des citoyens français accusés de complicité de génocide et d’incitation à la commission d’un génocide contre la population palestinienne de Gaza.

Une entrave humanitaire dénoncée

Cette démarche, menée en collaboration avec Urgence Palestine, repose sur des preuves documentant la participation de ces citoyens français à des actions entravant l’acheminement de l’aide humanitaire vers Gaza, un territoire sous blocus total depuis 2007.

« Les faits que nous dénonçons ne sont pas isolés. Ce sont des actes concrets, délibérés, et coordonnés pour empêcher l’accès de Gaza à l’aide humanitaire », déclare un porte-parole de l’UJFP.

La plainte met en lumière des agissements précis : certains citoyens français auraient organisé ou soutenu des blocages physiques de camions humanitaires aux postes-frontières contrôlés par l’armée israélienne. Ces actions aggravent un blocus qui limite sévèrement l’accès aux ressources essentielles, plongeant les 2,3 millions d’habitants de Gaza dans une crise humanitaire sans précédent.

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Une initiative élargie : l’implication d’EuroPalestine et de l’AJPO

Parallèlement, les associations EuroPalestine et Avocats pour la Justice au Proche-Orient (AJPO) ont annoncé une plainte similaire visant plusieurs Franco-Israéliens, notamment Nili Naouri-Kupfer, responsable de l’association Israel is Forever. Celle-ci aurait publiquement revendiqué sa participation au blocage de camions humanitaires destinés à Gaza, actions effectuées sous la protection de l’armée israélienne.

Des vidéos relayées sur les réseaux sociaux montrent ces blocages accompagnés de propos incitant à l’élimination systématique des Palestiniens. Ces organisations dénoncent une stratégie délibérée d’aggravation de la situation humanitaire à Gaza, en violation flagrante du droit international.

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Une alerte juridique et internationale

En janvier 2024, la Cour internationale de justice (CIJ) avait déjà reconnu un risque plausible de génocide dans la région. Plus récemment, la Rapporteure spéciale des Nations Unies sur les droits humains dans les territoires occupés a conclu que les pratiques israéliennes à Gaza s’apparentaient à un génocide.

« Les juridictions françaises sont compétentes pour agir lorsque des citoyens français participent à ces crimes ou incitent d’autres à y prendre part », rappelle un responsable juridique de l’UJFP.

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L’UJFP, une organisation juive solidaire des victimes

L’UJFP rejette toute tentative d’associer les Juifs du monde entier aux politiques du gouvernement israélien. « Nous refusons de laisser le gouvernement israélien instrumentaliser notre identité. Nous sommes solidaires des victimes palestiniennes », souligne l’organisation.

Elle conclut : « La famine, le blocus, et les attaques militaires ne peuvent être tolérés. Cette plainte est une réponse nécessaire face à l’inaction des États et au silence complice de la communauté internationale. »

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Des mandats d’arrêt internationaux déjà émis

Ce dépôt de plainte intervient alors que les attaques israéliennes sur Gaza ont causé plus de 43 000 morts, principalement des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas. Ces chiffres, jugés crédibles par l’ONU, soulignent l’ampleur du désastre humanitaire.

Par ailleurs, des mandats d’arrêt internationaux ont été émis contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et un ancien ministre, accusés de crimes de guerre.

Les associations espèrent que ces actions juridiques sensibiliseront davantage à la crise humanitaire à Gaza et permettront de rendre justice aux victimes.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.