Djaffar At Ali Slimane, figure emblématique de Beur FM, s’en est allé

 Djaffar At Ali Slimane, figure emblématique de Beur FM, s’en est allé

Djaffar At Ali Slimane (1945-2025), figure de Beur FM et défenseur de la culture amazighe, photographié devant les montagnes de Kabylie. Il est décédé le 27 avril 2025.

Beur FM est en deuil. Ce dimanche 27 avril, la radio a appris la disparition de Djaffar At Ali Slimane, figure emblématique de ses débuts et voix familière pour toute une génération d’auditeurs.

Né à Aït Hichem, petit village accroché aux montagnes de Kabylie, il grandit entre l’école, les champs et les récits murmurés par la terre.

Très jeune, il fabrique une flûte rudimentaire avec laquelle il souffle ses premiers rêves de musique.

Comme beaucoup, il quitte son village pour tenter sa chance en France.
À Paris, il rencontre un certain Slimane Azem, immense chanteur algérien, et d’autres piliers de la chanson kabyle, et trouve dans l’exil une nouvelle manière de faire vivre ses racines.

Djaffar At Ali Slimane choisit la musique pour raconter. Ses chansons parlent d’aigles, de lions, de chacals ; elles dessinent un monde où les bêtes disent souvent mieux la vie des hommes. À travers ses textes, il capte la beauté brute, les douleurs muettes, les espoirs tenaces de son peuple.

Il enregistre peu, mais ses chansons marquent durablement. Chez lui, chaque mot compte, travaillé avec soin, comme une blessure qu’on panse à mains nues.

Proche de l’Académie berbère fondée dans les années 1960, il a toujours porté haut la langue amazighe, convaincu que la mémoire d’un peuple tient d’abord dans ses mots.

Sur Beur FM, il n’était pas seulement une voix : il était un lien. Un pont entre les racines et l’avenir, entre ceux qui sont partis et ceux qui restent.

Aujourd’hui, sa disparition laisse un vide dans la communauté kabyle et au sein de Beur FM. Mais son empreinte, elle, restera : dans les chansons, dans les histoires, dans cette langue qu’il a tant aimée et tant défendue.

 

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.