Sur les routes franciliennes, Daoud Baraka, alias Gazouzetlimonade, marche à la rencontre de l’hospitalité française

 Sur les routes franciliennes, Daoud Baraka, alias Gazouzetlimonade, marche à la rencontre de l’hospitalité française

Sourires et énergie au rendez-vous pour le départ de la Marche des Champions, menée par Daoud Baraka alias Gazouzetlimonade. Photo : Nadir Dendoune

Ce lundi matin, ils étaient une dizaine, sac sur le dos et sourire aux lèvres, à s’être donné rendez-vous en haut des Champs-Élysées. Objectif : le départ de l’aventure de Daoud Baraka, alias Gazouzetlimonade, qui s’apprête à parcourir un semi-marathon par jour à pied à travers la région parisienne. Six jours, 130 kilomètres, et un fil rouge : l’humain avant tout.

« Je me sens prêt. J’ai déjà marché avec Yanis en Kabylie, alors 20 kilomètres, ça ne me fait pas peur », lâche Daoud, détendu, tout en serrant des mains et en plaisantant avec les participants. L’homme est tactile, souriant, visiblement à l’aise malgré sa notoriété grandissante.

Tout commence en 2023. Lors d’un tournage de « J’irai dormir chez vous » en Algérie, Antoine de Maximy s’arrête en Kabylie. Sur place, il est accueilli par un certain Daoud. Le reste appartient à Internet : une phrase spontanée, un accent attachant, une hospitalité sincère. L’extrait devient viral.

Résultat : Daoud Baraka devient une star malgré lui. Sur les réseaux, sous le nom de @Gazouzetlimonade, il partage désormais son quotidien entre humour, bienveillance et souvenirs de Kabylie. « Avant, je marchais tranquille à Alger, maintenant je ne peux plus faire dix mètres sans une photo », raconte-t-il en riant.

Derrière cette aventure, un autre visage : Yanis Harchaoui, plus connu sous le nom de YaniSport. Coach indépendant, il a créé la Marche des Champions il y a quelques années. Le concept ? Relier deux villes à pied, sans eau, sans nourriture, sans abri, et surtout sans auto-stop. Le but n’est pas la performance physique, mais le dépassement de soi et la solidarité.

Pour lui, emmener Daoud dans cette nouvelle marche « était une évidence ». « Il nous avait accueillis avec Nora (NDLR : Nna Nora, cuisinière algérienne) lors d’un voyage en Kabylie. C’était un moment d’une gentillesse incroyable. Ce qu’il fait aujourd’hui, c’est un peu un retour du cœur », explique Yanis, ému. « L’idée, c’est d’inverser les rôles : montrer qu’en France aussi, on sait accueillir, partager, ouvrir sa porte. »

Le premier jour donne le ton : 25 kilomètres à travers le cœur historique de Paris. Départ sous l’Arc de Triomphe, passage par les Invalides, le Louvre, la Bastille, puis direction le château de Vincennes avant de filer vers le Stade de France à Saint-Denis. C’est là que l’équipe sera hébergée par Clément Eoche-Duval, 34 ans, professeur et fan de l’émission d’Antoine de Maximy.

« Quand j’ai vu sur les réseaux que Daoud faisait cette marche, j’ai voulu participer à ma façon. L’hospitalité, c’est aussi ça la France. Je voulais montrer qu’il n’y a pas que ceux qui prônent la haine et l’intolérance », confie-t-il, le regard déterminé.

Pendant six jours, Daoud Baraka et ses compagnons arpenteront Paris et sa banlieue, entre forêts, parcs, monuments et quartiers populaires. Le passage dans le quartier de Barbès, où vit une importante communauté algérienne, risque d’être immortel !

Du jardin japonais d’Issy-les-Moulineaux à la forêt de Meudon, du château de Vincennes à Montmartre, le voyage est pensé comme un hommage à la diversité et à la rencontre. L’arrivée est prévue samedi 25 octobre au Trocadéro avec vue sur la tour Eiffel, symbole d’un parcours à la fois sportif, solidaire et profondément humain.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.