CAN 2025 : L’Algérie au bout du suspense, un éclair de Boulbina propulse les Fennecs en quarts

 CAN 2025 : L’Algérie au bout du suspense, un éclair de Boulbina propulse les Fennecs en quarts

L’attaquant algérien n° 27, Adil Boulbina, célèbre le but de la victoire de l’Algérie lors du match des huitièmes de finale de la CAN face à la République démocratique du Congo, au stade Prince Moulay El Hassan à Rabat, le 6 janvier 2026. (Photo : Gabriel Bouys / AFP)

Il aura fallu attendre l’ultime souffle de la prolongation pour voir l’Algérie faire la différence. Longtemps muselés par une solide sélection congolaise, les Fennecs ont arraché leur qualification face à la République démocratique du Congo (1-0, a.p.) grâce à un but somptueux inscrit à la 119ᵉ minute. Un dénouement cruel pour les Léopards, libérateur pour tout un peuple algérien, qui verra son équipe défier le Nigeria en quart de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025.

CAN 2025 : L’Algérie au bout du suspense, un éclair de Boulbina propulse les Fennecs en quarts
Les Fennecs posent avant le match des huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des nations au stade Prince Moulay El Hassan à Rabat, le 6 janvier 2026. (Photo : Abdel Majid Bziouat / AFP)

 

Au coup de sifflet final, l’émotion était palpable. Les joueurs algériens, exténués mais soulagés, savouraient une victoire construite dans la douleur. « C’est incroyable, a confié Aïssa Mandi au micro de BeIN Sports. Le scénario rend ce succès encore plus fort. Ce groupe mérite cette récompense. Et félicitations au Congo : pour produire un grand match, il faut deux grandes équipes. »

Un combat âpre et indécis

Dans l’enceinte du stade Moulay Hassan de Rabat, largement acquise à la cause des Verts, les deux sélections s’attendaient à un duel rugueux. Elles n’ont pas été déçues. Ce huitième de finale n’a jamais offert le moindre répit, ni aux acteurs, ni aux spectateurs.

Le coach des Fennecs, Vladimir Petkovic, avait choisi de s’appuyer d’entrée sur ses cadres offensifs – Bennacer, Mahrez, Amoura et le jeune Maza – tandis que Sébastien Desabre alignait un trio offensif congolais explosif autour de Cédric Bakambu. La RDC, bien en place, a répondu sans complexe à une Algérie pourtant impressionnante depuis le début du tournoi.

Une première période verrouillée

Maîtres du ballon, les Fennecs ont rapidement imposé leur tempo, multipliant les séquences de possession. Mais face à un bloc congolais discipliné et agressif, les occasions franches se sont faites rares. Les Léopards, plus tranchants en transition, ont même été les premiers à se montrer dangereux, Bakambu obligeant Luca Zidane à une intervention décisive. Juste avant la pause, Maza a tenté sa chance, sans réussite.

Le second acte n’a guère changé la physionomie de la rencontre. Le jeu s’est équilibré, haché par les fautes et les imprécisions. La sortie sur blessure de Bennacer a quelque peu désorganisé le milieu algérien, tandis que les défenses continuaient de prendre le pas sur les attaques. À l’heure de jeu, Boudaoui sauvait les siens d’un tacle héroïque sur une frappe puissante de Mbemba.

Les Léopards posent avant le match des huitièmes de finale de la CAN au stade Prince Moulay El Hassan à Rabat, le 6 janvier 2026. (Photo : Gabriel BOUYS / AFP)

Mpasi infranchissable, jusqu’au bout… ou presque

Dans le dernier quart d’heure, l’Algérie a accentué la pression. Plus vifs, plus audacieux, les attaquants algériens ont mis Lionel Mpasi à rude épreuve. Le gardien congolais s’est multiplié, repoussant notamment une tentative dangereuse d’Anis Hadj Moussa à la 86ᵉ minute. Rien n’y fit : aucune des deux équipes ne parvenait à rompre l’équilibre. La prolongation devenait inévitable.

Boulbina, le héros inattendu

Physiquement émoussée, la RDC a peu à peu reculé durant les trente minutes supplémentaires. L’Algérie, plus fraîche, a insisté, sans réussir à tromper un Mpasi encore héroïque devant Chaïbi et Bounedjah. Les tirs au but semblaient se profiler, lorsque le destin a choisi son camp.

Entré en jeu à la 113ᵉ minute, Adil Boulbina a changé le cours de l’histoire. À la 119ᵉ, parfaitement servi par Zerrouki, le jeune attaquant s’est échappé sur le côté gauche avant de repiquer dans l’axe et de décocher une frappe magistrale de plus de vingt mètres. Le ballon est allé se loger sous la barre, laissant Mpasi sans réaction. Le stade a explosé, les Fennecs étaient délivrés.

Une qualification méritée, un rêve qui continue

Cruel pour la RDC, admirable de courage et de rigueur, ce scénario sourit une nouvelle fois à l’Algérie. Les Verts poursuivent leur aventure continentale et retrouveront le Nigeria en quart de finale, avec l’espoir intact de décrocher un nouveau sacre africain.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.